Grand déballage d’arts contemporains

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 23 février 2009 - 349 mots

Dans la livraison printanière de ses expositions, le musée de Lyon nous invite notamment à aller à la découverte d’une part de cinq artistes dont le point commun est ou a été la bande dessinée, de l’autre d’un ensemble d’œuvres choisies pour leur côté trivial, banal, vulgaire, voire incongru.

Ici, « Quintet » et un certain monde de l’illustration ; là, « N’importe quoi » et toute une production en pied de nez aux usages et aux conventions.
À quelle volonté muséale correspond donc une telle programmation ? Tout simplement à celle de prendre acte des transformations permanentes que connaît la scène artistique dans son ensemble. Au regard d’un contenu, tout d’abord, qui ne se décline plus comme par le passé au travers de veines idéologiques ou théoriques, mais qui absorbe le tout-venant d’un monde que gouverne l’image. Au regard d’une forme, ensuite, qui ne se perd plus dans les dédales de débats militants et opposés, mais qui en appelle à tous les possibles stylistiques. Au regard, enfin, d’une matérialité dont l’extrême diversité témoigne de la part des artistes du soin d’une permanente expérimentation plastique.
Ainsi « Quintet » rassemble-t-elle des personnalités aussi diverses que Stéphane Blanquet, Francis Masse, Joost Swarte, Gilbert Shelton et Chris Ware. Si certains sont proches de la Figuration narrative alors que d’autres montrent une mesure plus volontiers fantastique, tous partagent un même esprit B.D., tant par leur souci de raconter que par leur soin d’une composition structurée.
Ainsi « N’importe quoi » – reprise en compte de la formule désespérée des détracteurs de l’art contemporain – organise-t-elle comme un chaos. Celui d’œuvres que l’on ne voit jamais ensemble, mais qui ont en commun d’avoir été ou d’être en rupture avec la norme, l’attendu, l’idéal ou encore le naturel. Robert Artschwager voisine avec Olivier Babin, Peter Saul avec Jessica Stockholder, Tursic & Mille avec François Curlet et bien d’autres, tous dans une détonante réunion qui n’est autre qu’un déroutant reflet du monde.

A voir

« Quintet », « N’importe quoi », musée d’Art contemporain, Cité internationale, 81, quai Charles-de-Gaulle, Lyon (69), www.mac-lyon.com, jusqu’au 19 avril 2009.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°611 du 1 mars 2009, avec le titre suivant : Grand déballage d’arts contemporains

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