Goethe, un regard éclairé ?

L'ŒIL

Le 30 août 2007

L’auteur des Souffrances du jeune Werther rencontra des fortunes diverses en tant que collectionneur. Passionné de dessin et chargé de constituer la collection des ducs de Weimar, Goethe choisit, un peu scolairement, de représenter l’art français à travers son évolution historique, du XVIe siècle au néoclassicisme. Il en résulte un panaché extraordinairement riche et quelque peu exotique. Ainsi qu’en atteste le catalogue des collections de Weimar (remarquablement documenté et réalisé sous l’égide de Pierre Rosenberg), les pièces maîtresses, nombreuses, y côtoient les œuvres rares d’artistes oubliés.
Car les attributions trop flatteuses des marchands allemands de l’époque (Goethe achetait sur liste, le plus souvent sans voir les pièces) révèlent de nombreuses surprises. Derrière un douteux Poussin, les spécialistes modernes découvrent un Jacob Bunel, dont seules trois feuilles sont connues. Un « anonyme italien » cachait un Philippe de Champaigne.
En toute bonne foi, Goethe acquit pour sa propre collection un magnifique Watteau pour un prix modique et paya fort cher de faux David pour les ducs de Weimar. Mais quel amateur lui jetterait la pierre ? Car dans ce panorama historique collecté avec zèle, le poète laissa percer son tempérament : un amour de la nature qui le porta vers des paysages émouvants.

«”ˆSous le regard de Goethe », musée Jacquemart-André, 158, bd Haussmann, Paris VIIIe, tél.”ˆ01 45 62 11 59, 14 mars-5 juin 2006.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°579 du 1 avril 2006, avec le titre suivant : Goethe, un regard éclairé ?

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