Mercredi 17 octobre 2018

Füssli, le Suisse sauvage

Par Manou Farine · L'ŒIL

Le 1 décembre 2005 - 208 mots

Füssli (parfois écrit Fuesli), le plus Anglais des artistes suisses retourne à la source, pour une ample rétrospective au Kunsthaus de Zurich. C’est là que le peintre, futur représentant du préromantisme naît en 1741, avant que sa fougue et un pamphlet politique ne l’exilent à la fin des années 1760 : Berlin, Londres, Rome, puis Londres à nouveau. Définitivement et jusqu’à sa mort en 1826.
La rétrospective amorce le parcours avec les années romaines, toutes empreintes de l’influence de Michel-Ange, se poursuit avec les grandes peintures historiques des années 1780 et les fantasques élégantes dont les représentations subsistent encore dans les nombreux dessins érotiques. Viennent encore les visions surnaturelles et démoniaques et les puissantes intrusions littéraires. Toutes se soumettent à une palette sombre et réduite, jouant de contrastes lumineux et de manières oppressantes.
Le célèbre Cauchemar, exposé à Londres dès 1782, en est une illustration. Il montre une femme endormie tête et bras renversés en arrière, chevauchée par un sombre succube et menacée par le spectre d’une tête de cheval aux yeux révulsés et luisants. La composition téméraire qui lui valut dès lors le sobriquet de « Wild Swiss ».

« Füssli, The Wild Swiss », Kunsthaus Heimplatz 1, Zurich, tél. 41 (0) 44 253 84 84, www.kunsthaus.ch, jusqu’au 8 janvier.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°575 du 1 décembre 2005, avec le titre suivant : Füssli, le Suisse sauvage

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