Frieze prend le pouls des nouvelles tendances

Par Anouchka Roggeman · L'ŒIL

Le 1 octobre 2006

Née il y a quatre ans, la Foire Frieze de Londres a su s’imposer comme l’une des plus grandes foires d’art contemporain, à côté de celles de Bâle (Art Basel), de Paris (FIAC) et de Cologne (Art Cologne). Attirant dès la première année 28 000 visiteurs, la foire accueillait déjà 47 000 personnes deux ans plus tard. « Cette année nous espérons que la fréquentation stagne ou il faudra que nous limitions
les entrées », explique Matthew Slotover, co-fondateur avec Amanda Sharp du magazine Frieze et de la foire éponyme.
Pour expliquer un tel succès, Matthew Slotover évoque les atouts offerts par la ville. « Londres est un centre financier et artistique. Non seulement les gens aiment l’art contemporain, mais en plus ils ont les moyens d’en acheter. » Pour la plupart des galeries présentes, la Foire se différencie des autres par son caractère jeune et pétillant. « L’art d’aujourd’hui évolue très vite, il faut savoir détecter rapidement les nouvelles tendances. Il n’y a qu’à Frieze que ce soit possible, car certaines galeries présentées ont à peine deux ans », explique Pierre Huber, dont la galerie suisse Art & Public est présente sur toutes les grandes foires internationales, et à Frieze depuis sa création.
Autre grand avantage de la Foire : son caractère international. Parmi les 150 galeries triées sur le volet, 35 seulement sont anglaises, 36 sont américaines et, pour la première fois cette année, des galeries du Moyen-Orient et d’Europe de l’Est font leur entrée.
Pour le galeriste Yvon Lambert, la présence des grands collectionneurs américains en fait une foire incontournable « où l’on retrouve aussi les meilleures galeries du monde ». Une semaine plus tard, la FIAC (45 % de galeries françaises) ouvre ses portes, espérant elle aussi accueillir un public aussi international. Mais les collectionneurs américains accepteront-ils de traverser la Manche ? Côté anglais, on évoque à peine la FIAC, perçue comme étant trop vieille, trop française, trop « has been ». Il y a deux ans, l’idée de l’« Eurostar arty », un train qui aurait permis aux collectionneurs de rejoindre la France après la Foire de Londres n’a pas fait l’unanimité chez les Anglais.
La Foire Frieze est fraîche et provocante, pourquoi se passer d’un brin d’insolence ? Il faudra maintenant savoir affronter l’âge de la maturité sans perdre son caractère déjanté.

« Frieze Art Fair », Regent’s Park, Londres, Grande-Bretagne, www.friezeartfair.com, 12-15 octobre 2006.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°584 du 1 octobre 2006, avec le titre suivant : Frieze prend le pouls des nouvelles tendances

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