Foire de Belgique

Entre tradition et modernité

Par Armelle Malvoisin · L'ŒIL

Le 1 janvier 2006

La plus vieille foire européenne d’antiquités, la foire de Bruxelles, gagne chaque année un peu plus en prestige et renommée. Bien implantée dans des spécialités historiques traditionnelles telles que la Haute Époque, les tableaux anciens et l’orfèvrerie, elle se développe et se renouvelle depuis trois ans dans de nouveaux domaines de collection.
Une montée en puissance rendue possible grâce à l’installation de la foire en 2004 sur le gigantesque site Tour & Taxis, une ancienne gare de triage du xixe siècle ayant appartenu à la grande famille princière belge. 120 marchands européens (trois fois plus qu’en 2003) y déploient leurs trésors artistiques en tout genre.
L’art moderne et contemporain y occupe une vraie place pour la première fois cette année. « Parce que le profil de l’amateur d’art est en train d’évoluer. Le nouvel acheteur est éclectique. Il s’intéresse tout autant à une statue gothique qu’à un tableau abstrait », souligne Grethe Zeberg, présidente de la foire belge. Alain Marcelpoil, spécialiste lyonnais de l’Art déco, y présente un bureau en acajou clouté de 1935 estampillé André Sornay et son fauteuil bridge assorti.
Galeriste installée à Paris, Françoise Livinec expose Les Terrasses d’Alger, un superbe pastel des années 1930 éclatant de couleurs, du peintre Gustave Lino. Ou encore le galeriste parisien Claude Bernard montre une pièce du célèbre sculpteur-orfèvre géorgien Goudji, le Zébu ébahi (2004) en argent, jaspe et ébène.
La force attractive du marché. La Belgique est le pays d’Europe où l’on recense le plus grand nombre de collectionneurs au mètre carré. Attachés à une certaine qualité de vie, les Belges cultivent un véritable amour pour les objets, dépensant sans compter avec un certain détachement pour l’argent. C’est pourquoi le rendez-vous bruxelloix attire en nombre les grands antiquaires européens étoffant toutes les sections de la foire. À commencer par les Français.
Parmi les nouveaux participants parisiens, Christian Deydier, président en France du Syndicat national des antiquaires, en tête de liste pour l’art chinois. Mais aussi les marchands de mobilier français xviiie tel Philippe Perrin, ou Claude Vittet pour la peinture des écoles du Nord des xvie et xviie siècles. La galerie française Univers du bronze, spécialiste de la sculpture XIXe et xxe, comme la galerie Claes, spécialiste belge des arts premiers sont des habitués de cette foire cinquantenaire.

51e foire des Antiquaires de Belgique, « Tour & Taxis », avenue du port, Bruxelles, www.antiques-fair.be, 20-29 janvier.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°576 du 1 janvier 2006, avec le titre suivant : Foire de Belgique

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