Fiac 2005, quelques conseils de visite

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 1 octobre 2005

Éviter tout malentendu
Tout d’abord, ne pas oublier ce que signifie « Fiac », à savoir : Foire internationale d’art contemporain. Donc, comme son nom l’indique, la Fiac est une foire. Une foire comme il en existait au Moyen Âge, c’est-à-dire une foire marchande. Son premier objectif est de vendre et, aux yeux des exposants, les visiteurs de la Fiac sont d’abord et avant tout de potentiels acheteurs. La Fiac n’est ni un musée, ni une exposition temporaire, et l’erreur serait de l’appréhender ainsi. On ne visite pas une foire comme on le fait d’un musée ou d’une exposition.
Internationale, la Fiac offre un panorama de la création artistique le plus large qui soit, géographiquement, mais aussi culturellement. Il s’agit donc de l’aborder l’esprit grand ouvert à toutes les différences, voire à toutes les dissonances. D’autant que cette foire d’art s’intéresse au contemporain, même si son intitulé ne dit rien de la présence aussi de l’art moderne. Mais quoi ! N’est-il pas lui aussi intrinsèquement contemporain ? Il faut donc que le visiteur s’attende à voir cohabiter des styles et des formes parfois aux antipodes les uns des autres et accepter d’emblée le principe d’un tel mélange. C’est-à-dire déposer au vestiaire tout présupposé.

Mesurer l’espace et le temps
Avec quelque deux cent vingt galeries et maisons d’édition d’art moderne et contemporain, la Fiac 2005 est une énorme manifestation dont la visite peut paraître encore plus lourde du fait de sa répartition sur deux sites distincts. Autant donc savoir que l’on ne pourra pas tout voir et que l’on devra se faire violence en faisant des choix. Le petit plan diligemment distribué par les hôtesses d’accueil permettra de se faire une idée de l’espace et de la configuration de la foire. Le mieux alors est d’opérer secteur après secteur, en fonction de sa sensibilité et des intérêts, en agissant de préférence en deux temps bien distincts. Le premier s’effectuera sur le mode de la flânerie, en ne jetant qu’un coup d’œil général sur les stands, sans jamais chercher à tout y voir, et laissant son regard se faire happer par telle ou telle œuvre : pointer et mémoriser alors à sa façon sur le plan la situation. Dans un second temps, en reprenant ses notes, se laisser porter par ce qui revient soudain à l’esprit, comme quelque chose qui fait « tilt », car c’est alors signe d’un véritable intérêt. Un précieux conseil, il convient d’arpenter les allées de la foire de façon quelque peu systématique, selon un schéma en grille, en longeant chacune d’elles d’abord d’un côté puis en revenant par l’autre, de sorte à ne pas tomber dans une errance qui serait fatale. Dans tous les cas, prévoir un minimum de visite de quatre heures.

Discuter les prix
On l’a dit, la Fiac est une foire. Tout y est à vendre et il peut se trouver qu’on ait une tentation. Le plus souvent, le prix des œuvres n’est pas indiqué ; il ne faut pas hésiter à le demander. Les marchands sont là pour ça et ils n’attendent que ça ! Comme pour n’importe quelle marchandise, on peut toujours discuter. Il ne faut pas se l’interdire. La Fiac est, on l’a dit, un lieu de commerce et rien ne réjouit plus un galeriste que de chercher à convaincre un collectionneur. Certains déploient des trésors d’arguments qu’il est toujours intéressant d’entendre. C’est une façon de s’instruire à propos d’un marché qui demeure bien spécifique. Si le dernier jour de la Fiac n’est pas celui d’une braderie, il reste – c’est bien connu – que c’est un jour plutôt favorable pour obtenir le meilleur prix. À bon entendeur, salut !

Fiac 2005, PARIS, halls 4 et 5.1, parc des expositions, porte de Versailles, XVe, tél. 01 41 90 47 80, www.fiacparis.com. Du 6 au 10 octobre de 12 h à 20 h, le lundi 10 octobre de 12 h à 18 h. Tarifs : 17 et 8 euros.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°573 du 1 octobre 2005, avec le titre suivant : Fiac 2005, quelques conseils de visite

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