Mercredi 20 février 2019

Fauguet vrai plaisantin

L’étrange bestiaire du Castelroussin

Par Philippe Régnier · Le Journal des Arts

Le 1 décembre 1996 - 362 mots

Habitué au détournement d’objets, Richard Fauguet présente un ensemble étonnant de nouvelles pièces réalisées in situ au Centre d’art contemporain de Vassivière. Parallèlement, l’Allemand Veit Stratman expose quelques-uns de ses projets et dessins.

VASSIVIÈRE - La tour-phare maritime qu’Aldo Rossi a dessinée pour le Centre d’art contemporain de Vassivière est peuplée cet automne d’étranges animaux. Une chenille de près de 2,50 m côtoie en effet une mouche sensiblement aussi grande. Mais ces insectes ont surtout pour caractéristiques communes d’être constitués par l’assemblage de ces abat-jour de verre, blancs et ronds, qui ornent parfois encore les plafonds des cuisines de nos grand-mères. Richard Fauguet est un habitué de ces détournements d’objets de la vie quotidienne – bonbons sucés, pâte à modeler, entonnoirs, assiettes – qu’il associe comme autant d’éléments d’un rébus étonnant.

Ainsi, les murs de la grande salle du Centre d’art sont recouverts de plaques de Vénilia imitant le granit, mais dont les découpes évoquent quelques pièces qui ont jalonné l’histoire récente de la sculpture. Le visiteur sagace reconnaîtra en particulier le chien de Giacometti, la chaise avec sa graisse de Beuys, les living sculptures de Gilbert & George ou un stabile de Calder. Si ces pièces ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes, Fauguet dénonce non sans raison une connaissance des œuvres qui se réduit bien souvent à la simple photographie. D’autres animaux recouverts de billes multicolores ou, ailleurs, moulés en verre puis recouverts de silicone par l’artiste, témoignent d’un sens particulier de l’humour. En choisissant des objets délibérément kitsch, Fauguet se situe dans une tradition de la consommation populaire, du bibelot qui décore les cheminées. Souvent déroutants, ces détournements d’identités contre nature, dont le sens nous échappe parfois, font la part belle à une créativité débridée.

Simultanément, et après la récente acquisition de son œuvre Sans Titre (pièce pour Hellrau) par le Fonds national d’art contemporain pour le parc de sculpture de l’île, Veit Stratman expose une série de dessins et de projets dans le petit théâtre du Centre d’art.

RICHARD FAUGUET, VEIT STRATMAN, jusqu’au 19 janvier, Centre d’art contemporain de Vassivière, île de Vassivière, 87120 Beaumont du Lac, tlj sauf lundi, 11h-13h et 14h-19h, tél. 05 55 69 27 27.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°31 du 1 décembre 1996, avec le titre suivant : Fauguet vrai plaisantin

Tous les articles dans Expositions

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque