Vendredi 23 février 2018

Fabrice Gygi

Le Journal des Arts

Le 25 janvier 2008

À l’occasion de son exposition personnelle à la galerie Chantal Crousel, Fabrice Gygi a répondu à nos questions.

Vous aviez, lors de vos précédentes interventions à la galerie Chantal Crousel, présenté des œuvres plutôt monumentales. L’exposition que vous proposez actuellement, et qui rassemble un ensemble de gravures, est d’un caractère plus intime. Pouvez-vous nous parler de ce choix ?
Cette exposition fait suite à une autre exposition, qui s’est tenue au Mamco et qui a été réalisée avec le Cabinet des estampes de Genève, dans laquelle j’ai présenté une rétrospective de l’ensemble de mon œuvre gravé. C’est une production qui est toujours restée marginale dans mon travail ; c’était donc l’occasion de la montrer pour la première fois. Cette pratique demeure liée à des moments d’absence et à des voyages. Le matériel nécessaire pour la linogravure, qui est assez réduit, permet une grande facilité et liberté d’utilisation. C’est une autre forme d’engagement plus intime et privée. Je pars avec des matrices que je grave et que j’imprime ensuite. Beaucoup de séries n’ont d’ailleurs jamais donné lieu à des éditions.

La gravure est une discipline que vous pratiquez depuis très longtemps. Dans quelques planches, on retrouve des motifs comme l’ornithorynque, par exemple, qui est apparu très tôt dans votre carrière. De quand datent ces œuvres et que signifient-elles ?
Les séries présentées ont été réalisées à plusieurs années d’intervalle. En observant l’ensemble de ces gravures, on perçoit des évolutions, mais également des réminiscences. Quelques-unes sont très liées à l’enfance et à l’adolescence, comme les Tatouages, par exemple, que j’ai pratiqués très tôt sur moi-même ; d’autres sont dictées par des voyages comme la Fuite des organes, qui est née à la suite d’un séjour au Canada. J’ai été frappé par un vêtement Inuit qui possédait en son centre un orifice par lequel j’ai imaginé que le corps pouvait se vider de son contenu.

Comment situez-vous la pratique de la gravure par rapport à votre travail en “trois dimensions” ?
C’est un travail totalement à part. La place faite à l’imaginaire y est sensiblement plus présente que dans mes installations qui sont plus directement liées aux questions de société. Il en va de même pour la forme humaine : évoquée, elle n’est jamais figurée dans mes sculptures, mais elle apparaît pourtant dans mes gravures, comblant probablement cette absence. Par ailleurs, j’ai toujours été intéressé par le dessin : le format, le côté instinctif, le rapport de simplicité sont des éléments qui m’attirent. Parallèlement à la gravure, je fais beaucoup de dessins préparatoires lors de la conception d’installations, mais je ne trouve dans ces plans aucun intérêt particulier.

Galerie Chantal Crousel, 40 rue Quincampoix, 75004 Paris, tél. 01 42 77 38 87 jusqu’au 13 avril

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°144 du 8 mars 2002, avec le titre suivant : Fabrice Gygi

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