Vendredi 18 octobre 2019

Entre cohabitation et mixité

Par Sophie Flouquet · L'ŒIL

Le 1 décembre 2003 - 419 mots

Après des années d’abandon, de multiples polémiques quant à son affectation et de longs travaux en passe de s’achever, la vie a repris depuis peu dans l’ancien couvent des Récollets, entre la gare de l’Est et le canal Saint-Martin, dans le Xe arrondissement de Paris. Transformé pour partie en
« centre international d’accueil et d’échange », destiné à accueillir, dans ses quatre-vingt-un ateliers-logements en location, artistes, intellectuels et scientifiques de tous horizons, le couvent des Récollets verra également s’installer, dès le printemps 2004, la toute nouvelle Maison de l’architecture d’Île-de-France. C’est donc l’option de la cohabitation et de la mixité entre promotion immobilière et activités culturelles qui a été retenue par le propriétaire des lieux, le ministère de l’Équipement, mettant définitivement un terme à la « bataille des Récollets », long conflit opposant associations et pouvoirs publics, finalement séduits par la capacité financière de la Régie immobilière de la ville de Paris (RIVP) pour faire face aux 15,2 millions d’euros nécessaires à une remise en état des bâtiments.
Construit à partir de 1604 à l’initiative d’Henri IV et transformé au cours des siècles, le couvent a été réhabilité par les architectes Reichen et Robert, auteurs du pavillon d’accueil de verre et d’acier,
seule touche contemporaine de ce patchwork architectural et de la transformation en logements.
Dans la partie occidentale comprenant la chapelle, entre le cloître et le square Villemin, c’est l’ordre des architectes de la région Île-de-France qui a emporté la mise des 1 400 m2 disponibles, plus de dix ans après l’évacuation de l’école d’architecture Paris Villemin des lieux, pour raisons de sécurité.
« La Maison de l’architecture sera un lieu d’échanges entre le public et les professionnels, un centre de formation continue et un lieu de référence sur les questions de l’architecture et de la ville », précise Michel Seban, président de l’Ordre. L’aménagement des espaces respectera les différentes strates d’occupation, notamment celle du squat des artistes des « anges des Récollets », auteurs d’œuvres murales. Confié aux jeunes architectes Karine Chartier et Thomas Corbasson, il jouera la carte du minimalisme – la chapelle sera laissée dans son « jus » – et de la modularité. Librairie et cafétéria compléteront l’offre de service d’un lieu destiné à s’ouvrir à d’autres disciplines, selon les vœux de son nouveau directeur, Paul-Armand Grether, transfuge du pavillon de l’Arsenal. Contrairement à son équivalent parisien, la Maison de l’architecture francilienne, organisée en association de loi 1901, ne produira pas d’expositions, faute de budget.

Couvent des Récollets, PARIS, 150-154 rue du Fg Saint-Martin, Xe.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°553 du 1 décembre 2003, avec le titre suivant : Entre cohabitation et mixité

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