Embellie au Louvre

L'ŒIL

Le 1 décembre 1998

Fin d'année florissante pour le grand Louvre qui se dotait le 28 octobre dernier des salles d'étude antique de la galerie Campana, et qui s'enrichit aujourd'hui de deux salles consacrées à la peinture à fresque italienne des XVe et XVIe siècles. Depuis peu, les chercheurs en Antiquités grecques, étrusques et romaines disposent dans l'Aile Sully de trois salles d'étude où sont disposés mille objets, vases ou fragments de céramique grecque, ainsi qu'une documentation livresque et informatisée sur le sujet. La transformation ne s’arrête pas là ; désormais les peintures a fresco du Quattrocento et Cinquecento florentin et lombard, dont Botticelli, Fra Angelico et Luini sont les fleurons, peuvent faire l’objet d’un jugement d’ensemble dans les salles Percier-Fontaine et Duchatel, bénéficiant d'un nouvel éclairage. Anciennement éparpillées dans les différentes galeries du musée, elles forment à présent le second jalon du département des peintures italiennes, après les Primitifs du Salon carré. On peut donc comparer à loisir les œuvres de ces artistes. Fra Angelico, peintre dominicain, conçoit le Calvaire pour le réfectoire du couvent San Domenico de Fiesole vers 1440, dans un but didactique. Il s'agit pour lui de susciter un élan spirituel, une participation plus personnelle aux faits décrits, afin que le croyant se sente plus proche de la vie et des sentiments du Christ. Botticelli illustre un décor profane pour la loggia de la villa Lemmi, appartenant au cousin de Laurent Ier de Médicis ; dans Vénus et les Grâces offrant des présents à une jeune fille, les allégories nuptiales évoquent avec une suavité nouvelle le mariage de Lorenzo Tornabuoni et Giovanna degli Albizzi, mais sont prétexte à des interprétations néo-platoniciennes, alors en vogue dans le cercle d'humanistes entourant Le Magnifique. Luini, enfin, dont les trois œuvres sortent des réserves, est le dernier fresquiste de l'Italie septentrionale. Sensible aux recherches de Léonard de Vinci, il se laissera séduire par l'art germanique, celui de Dürer notamment.

Musée du Louvre, Salles Percier-Fontaine et Duchatel, ouverture le 16 décembre.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°502 du 1 décembre 1998, avec le titre suivant : Embellie au Louvre

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