Dresde, Art Nouveau

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 1 octobre 1999

Si Dresde est ordinairement connue comme la ville par excellence de l’expressionnisme allemand, c’est que la capitale de la Saxe y a vu naître en 1905 le groupe Die Brücke. Cependant, l’année suivante, elle n’en est pas moins le théâtre d’une manifestation déterminante dans le domaine de l’Art Nouveau. En effet, l’exposition « 3. Deutsche Kunstgewerbe-Austellung » marque un véritable tournant dans l’histoire des arts décoratifs internationaux.
En mettant en exergue l’idée de fonctionnalité, elle contribue à la défense et à l’illustration des travaux d’artistes comme Peter Behrens et Joseph Maria Olbrich, transfuges de la Secession viennoise. Très rapidement, l’exemple de ces nouveaux créateurs influence la production des ateliers artisanaux de la ville, déjà fortement impressionnés par Henry van de Velde découvert une dizaine d’années auparavant. La liberté de facture, la richesse d’invention, mais par-dessus tout cette nouvelle approche tout à la fois décorative et fonctionnelle qu’ont les artistes vis à vis des matériaux entraînent irrésistiblement les producteurs saxons à changer de manière. Et Dresde de constituer l’un des foyers européens leaders d’un Art Nouveau qui proclame l’avènement du modernisme.
En rassemblant plus de 600 objets issus de collections tant publiques que privées, l’exposition du
Dresden Palace vise à remettre en perspective cette période et à rectifier l’image d’une ville de Dresde exclusivement expressionniste.

DRESDE, Residenzschloß, jusqu’au 5 décembre.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°510 du 1 octobre 1999, avec le titre suivant : Dresde, Art Nouveau

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