Double hommage à Hans Hartung

L'ŒIL

Le 26 novembre 2007

Après « Picasso, l’homme du trait » il y a deux ans, les villes de Montbéliard et Belfort s’associent de nouveau, cette fois-ci pour rendre un hommage à Hans Hartung, artiste qui n’avait pas fait l’objet de grandes expositions depuis sa disparition en 1989.
Le premier volet, à Montbéliard, rassemble cinquante-huit peintures produites à partir de 1932. Avant cette date, le peintre se cherche, copie de nombreux de tableaux de Goya ou Rembrandt au Louvre, réalise ses premiers dessins abstraits en 1922, des aquarelles tachistes où s’élaborent déjà les éléments fondamentaux de son expression, puis de grands dessins à la craie noire et à la sanguine. Au cours des années 1940, son langage s’affirme, très différent de celui de l’abstraction géométrique, par un dynamisme gestuel et des compositions traversées par l’élan énergique du pinceau. C’est une peinture d’action, avant même que la notion d’« Action painting » ne se généralise à New York avec Jackson Pollock, Franz Kline ou Willem De Kooning. Une peinture physique, fougueuse, basée sur le rythme et le mouvement. Hartung a le goût des contrastes forts et une prédilection pour le noir, qu’il veut « absolu, froid, profond, intense », et qu’il oppose à des tons vifs. Une grande luminosité se dégage des œuvres, d’autant plus étonnante qu’Hartung ne peint que la nuit, en lumière artificielle. Outre son travail de peintre, il a produit plus de vingt mille photographies, privilégiant – comme en peinture – les études de lumière, les effets de matières, les cadrages. L’exposition du musée d’Art et d’Histoire de Belfort montre l’importance de cette technique dans son œuvre à travers une sélection de planches contact originales annotées et de tirages signés provenant du musée Nicéphore Niepce de Chalon-sur-Saône. Elle rassemble également, dans la Tour 46, cent douze peintures, dessins et pastels datant de 1973, année particulièrement créative où Hartung s’installe à Antibes avec Ann-Eva Bergman et expérimente avec succès toutes les techniques.

« Hartung », MONTBÉLIARD (25), musée du château des ducs de Wurtemberg, tél. 03 81 99 22 61 ; BELFORT (90), Tour 46 et musée d’Art et d’Histoire, tél. 03 84 54 25 51, 17 mai-28 septembre.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°549 du 1 juillet 2003, avec le titre suivant : Double hommage à Hans Hartung

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