Delon, la race des collectionneurs

Par Marie Maertens · L'ŒIL

Le 26 juillet 2007 - 251 mots

On ne le connaissait pas collectionneur. Et pourtant, depuis 1970, Alain Delon acquiert en toute discrétion des œuvres d’art ancien et moderne. Il s’intéresse d’abord à Jacques Callot, Dürer, Rembrandt, Véronèse… passe ensuite au xixe siècle avec Delacroix, Géricault et Millet, puis arrive progressivement aux années 1950. Il s’offre ainsi une grande toile de Riopelle lors de l’exposition inaugurale de la galerie Applicat-Prazan. Plus tard, Bernard Prazan, rejoint par son fils Franck, prépare une rétrospective de Gérard Schneider. Sachant que l’acteur possède un tableau important de l’artiste, le galeriste le contacte et découvre cette partie de la collection tournée vers les années 1950 et constituée d’une quarantaine de toiles. « L’œil Delon », comme le nomment ses amis, se trouve être en affinité avec « l’œil Prazan ».
Une complicité de génération et de goût convainc l’acteur d’accepter la proposition du galeriste : pourquoi ne pas exposer ces tableaux ? Quinze d’entre eux sont montrés aujourd’hui et un catalogue préfacé par Michel Ragon en regroupe vingt-quatre. On découvre que Delon a chéri le mouvement Cobra, pourtant peu montré dans les musées français, avec ses quatre protagonistes : Appel, Constant, Corneille et Jorn. L’autre versant de la collection se déroule dans l’abstraction française avec Atlan, Hartung, Estève, Schneider, Soulages et Degottex.
Une exposition de galerie atypique, aucune œuvre n’étant à vendre, et qui rend hommage à la passion du collectionneur.

« “Mes années 50.�? Collection de Monsieur Alain Delon », galerie Applicat-Prazan, 16, rue de Seine, Paris Ve, tél. 01 43 25 39 24, www.applicat-prazan.com, jusqu’au 26 mai 2007.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°591 du 1 mai 2007, avec le titre suivant : Delon, la race des collectionneurs

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