Mardi 11 décembre 2018

Musée d’Orsay Jusqu’au 20 juin 2010

De Haan - sort de l’ombre

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 26 avril 2010 - 350 mots

Sombre destin que celui de Meijer de Haan, peintre néerlandais qui œuvra auprès de Gauguin en Bretagne pendant quelques mois. Disparu à 43 ans, cet artiste est resté largement méconnu.

Le musée d’Orsay succède au Musée historique juif d’Amsterdam cet hiver et précède le musée des Beaux-Arts de Quimper l’été prochain dans une entreprise de découverte et de réhabilitation.
De formation classique, Meijer de Haan débute dans un style et avec des sujets proches de ceux qui marquèrent également les débuts de Van Gogh : palette sombre, sujets graves et narratifs, l’empreinte flamande et l’influence de Rembrandt sont manifestes. Suite à un échec critique en 1888, le jeune homme rejoint Paris et fait la connaissance de Théo Van Gogh.

Après avoir été ébloui par les toiles de Gauguin exposées dans la capitale, de Haan suit ses traces en Bretagne et se rend à Pont-Aven en avril 1889. Là, dans l’entourage du maître gravitent déjà Émile Bernard, Paul Sérusier, Charles Filiger, Jan Verkade et Claude-Émile Schuffenecker [lire p. 72].

Certains suivent Gauguin au Pouldu, à l’écart de l’afflux touristique de Pont-Aven qui trouble leur quiétude. De Haan est de ce premier cercle et il bénéficie de l’attention toute particulière de Gauguin. Ils peignent de concert face à la mer, et les toiles du Néerlandais témoignent progressivement de l’apport de cet apprentissage. Gauguin réalise même un portrait de Meijer de Haan montrant son visage tourmenté dans une attitude réflexive.

Dans son autoportrait, de Haan lui-même se révèle soucieux, les sourcils froncés et le visage fermé sur un fond cloisonniste éclatant et puissamment décoratif, témoignant de l’assimilation des caractéristiques synthétiques de l’école dite de Pont-Aven.

Mais le séjour de de Haan au Pouldu est écourté en octobre 1890. Encore à Paris en 1891, on le sait de retour en terre natale en 1893 et emporté par la tuberculose en 1895. Un destin silencieux, une œuvre méconnue ont fait de Meijer de Haan ce maître caché qu’Orsay veut nous dévoiler aujourd’hui.

« Meijer de Haan, le maître caché », musée d’Orsay, 1, rue de la Légion d’Honneur, Paris VIIe, www.musee-orsay.fr, jusqu’au 20 juin 2010.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°624 du 1 mai 2010, avec le titre suivant : De Haan - sort de l’ombre

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