Mercredi 14 novembre 2018

David Smith, dessins choisis par Kirili

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 1 avril 2003 - 371 mots

Il y a quelque chose d’altruiste dans la démarche d’Alain Kirili qui le conduit irrésistiblement à vouloir établir toutes sortes de dialogues avec ses semblables. Qu’il s’agisse de confronter son travail à l’exemple des plus grands, d’orchestrer une exposition alternative de jeunes artistes dans un lieu décalé, d’organiser un concert de jazz dans une chapelle historique, de gérer la mise en place d’un programme de sculptures dans un jardin public, on retrouve chaque fois chez lui la même nécessité à faire se rencontrer générations, cultures, styles et moyens d’expression les plus divers. En quête d’une forme de syncrétisme qui tienne compte tant des différences que des convergences qui fondent la création, Kirili n’a de cesse de multiplier les actions. Il y a quelques semaines, il invitait un quartet à venir jouer à Paris dans un café africain, aujourd’hui, c’est un choix de dessins du sculpteur américain David Smith (1906-1965) qu’il nous propose de découvrir dans la chapelle des Petits-Augustins de l’École nationale supérieure des beaux-arts. Ce faisant, Alain Kirili témoigne d’une fidélité exemplaire à la mémoire de celui qu’il considère comme l’un des plus importants sculpteurs du xxe siècle et dont il a fait installer une œuvre dans le jardin des Tuileries. Figure majeure de la sculpture métallique soudée, Smith a inventé un nouveau langage de formes souples et déliées tout en exploitant l’expressivité de certains matériaux comme le fer et l’acier dont il aimait l’aspect « brutal et puissant ». Passionné par la pratique du collage, il a par la suite réalisé toute une production associant des objets trouvés à ses structures abstraites. En quête d’un art concret et construit qui ne se prive pas de référent symbolique, les œuvres de David Smith fonctionnent sur le mode métaphorique et évoquent un monde archaïque, primitif et universel. Tout au long de sa vie, l’artiste n’a cessé de dessiner, comme en attestent les quelque cent quarante dessins choisis par Kirili. Figures, paysages et calligraphies en appellent aux techniques les plus variées et témoignent de la diversité stylistique d’une œuvre dont la richesse d’invention a influencé une bonne part de la sculpture contemporaine.

PARIS, École nationale supérieure des beaux-arts , 14 rue Bonaparte, VIe, tél. 01 47 03 50 00, 18 mars-27 avril.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°546 du 1 avril 2003, avec le titre suivant : David Smith, dessins choisis par Kirili

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