Dans l’atelier de Raphaël

L'ŒIL

Le 30 juillet 2008

Grand admirateur des œuvres de Léonard de Vinci ou de Fra Bartolomeo, Raphaël élabore un style personnel qui devint plus tard l’emblème de la Renaissance classique. Il doit surtout sa célèbrité aux visages de ses Madones empreints d’une grâce mêlée de candeur, grâce dont il dote également les hommes comme en témoigne ce visage d’apôtre conservé au Musée de l’Abertina de Vienne. Alors qu’il séjourne à Rome depuis huit ans, Raphaël forme de nombreux disciples dans son atelier. L’exposition du Palazzo Te à Mantoue se propose justement d’étudier le développement de l’art dans la Ville Éternelle, de l’arrivée du peintre urbinate jusqu’au sac de Rome en 1527. À partir de trois cents œuvres – essentiellement des dessins, mais aussi quelques toiles – une analyse approfondie de l’influence du Maître des Stanze sur tous ses confrères artistes est menée. De Giulio Romano et Penni – ses élèves –, en passant par Giovanni da Udine, jusqu’au Caravage, tous ont été indéniablement influencés par son style, et fuyant la capitale prise d’assaut par les Impériaux, ils ont répandu dans toute l’Europe sa « manière », avec plus ou moins de force. Autre point abordé
par l’exposition le problème des attributions. La distinction des mains soulève encore de nombreuses polémiques. S’il semble un peu vain de vouloir à tout prix dissocier l’artiste de son atelier, l’accent est mis en revanche sur les échanges et interactions entre les disciples à la mort du Maître et leurs contem-porains, de Baldassare Peruzzi à Rosso Fiorentino, en passant par Parmesan ; sans oublier ceux qui, sans pour autant la renier, se détournèrent de cette forme de classicisme, plus sensibles au style de Michel-Ange.

MANTOUE, Palazzo Te, jusqu’au 30 mai.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°505 du 1 avril 1999, avec le titre suivant : Dans l’atelier de Raphaël

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