Mercredi 11 décembre 2019

Royal Academy of Arts - Londres (Royaume-Uni)

Dancing with Edgar Degas

Jusqu’au 11 décembre 2011

Par Lina Mistretta · L'ŒIL

Le 12 octobre 2011 - 394 mots

Loin de la sempiternelle rétrospective et malgré un titre peu évocateur, l’exposition « Degas and the Ballet » de la Royal Academy of Arts de Londres entend traiter d’un aspect expérimental du travail de l’artiste jamais exploré auparavant, à savoir sa recherche sur le mouvement à travers la danse, parallèlement aux avancées de la photographie et du cinéma.

Élevé dans une famille de musiciens, Edgar Degas (1834-1917) a toujours été fasciné par le ballet. Ses premières danseuses apparaissent dans son œuvre dès 1869 avec L’Orchestre de l’Opéra, bien avant le nouvel Opéra Garnier inauguré en 1875 où il trouvera le sujet idéal pour son art. Pendant dix ans, il y passera une grande partie de son temps. Et lorsque, atteint de quasi-cécité, il ne travaillera plus qu’en atelier, sa passion restera intacte. Plus de la moitié de son immense production est consacrée aux danseuses et à la danse.
 
La fortune critique le classe cependant à tort « peintre des danseuses », car son art est aussi peu académique qu’il se peut. Son extrême modernité réside dans ses cadrages. Il invente de nouvelles conventions qu’aucun artiste n’avait imaginées auparavant : fragmentation des plans et des corps, point de vue en plongée ou en contre-plongée, utilisation de la lumière artificielle. Dans ses compositions, l’arbitraire et le hasard – en réalité rien de spontané – construisent une surface dynamique. « Ses tableaux produisent une impression d’instantané », ainsi se résume l’art de Degas sous-tendu par son obsession du mouvement.

Ce travail expérimental sur le mouvement s’inspire de la photographie, technique en plein essor qui le fascine tant qu’il s’y consacrera avec succès durant une dizaine d’années. Elle inaugure pour lui un nouveau regard sur sa peinture et il va en explorer toutes les possibilités. Par rebond, il est aussi familiarisé aux expériences chronophotographiques d’Eadweard Muybridge qui ont mis en évidence les mécanismes du mouvement en isolant chaque fraction par une succession de photographies. Ces expériences trouveront un autre corollaire, et non des moindres, avec la naissance du cinéma. Pour cette rétrospective, quatre-vingt-cinq œuvres, dont des photos de Degas, ont été sélectionnées par le musée. Le clou de l’exposition étant La Petite Danseuse de 14 ans, sculpture qui fit scandale en 1881 pour sa « terrible réalité ».

Voir « Degas and the Ballet »,

Royal Academy of Arts, Burlington House, Piccadilly, Londres, www.royalacademy.org.uk, jusqu’au 11 décembre 2011

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°640 du 1 novembre 2011, avec le titre suivant : Dancing with Edgar Degas

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