Vendredi 6 décembre 2019

Montpellier (34)

Crash Test réussi

La Panacée - Jusqu’au 6 mai 2018

Par Aurélie Romanacce · L'ŒIL

Le 26 mars 2018 - 299 mots

Théoricien de l’esthétique relationnelle en 1995, cofondateur du Palais de Tokyo de 1999 à 2006 puis directeur des Beaux-Arts de Paris de 2011 à 2015, Nicolas Bourriaud compte bien faire de Montpellier « une contre-scène culturelle de Paris comme l’est Los Angeles par rapport à New York ».

En attendant la réhabilitation par l’architecte Philippe Chiambaretta de l’hôtel Montcalm en un vaste centre d’art contemporain qui ouvrira en juin 2019, La Panacée se présente comme un lieu d’expositions alternatif et exigeant. Après « Retour sur Mulholland Drive », une exposition autour du film de David Lynch, une rétrospective sur l’artiste belge conceptuel Jacques Charlier et une monographie de Saâdane Afif, Nicolas Bourriaud, directeur de La Panacée, propose d’observer in vivo la création contemporaine à travers le prisme de la « révolution moléculaire ». « Depuis qu’a émergé la notion d’anthropocène, qui désigne une ère dominée par l’impact de l’homme sur la planète, on constate un changement de paradigme. Aujourd’hui, les artistes abordent les questions culturelles, politiques et de société non plus d’un point de vue identitaire, mais d’un point de vue moléculaire », affirme le commissaire d’exposition. Les vingt-cinq artistes français et internationaux choisis par Nicolas Bourriaud bricolent la matière en véritables apprentis sorciers, créant des œuvres hybrides, entre nature et culture, art et science. Parmi ces pièces, les tableaux réalisés sous Viagra de Pamela Rosenkranz, les peintures à l’œstrogène de Juliette Bonneviot ou les gamètes en verre soufflé de Jeanne Briand font vaciller les frontières entre le chimique et l’organique. En parallèle, les robots artisanaux de Joahannes Büttner, les installations d’éléments hétéroclites de David Douard ou les sculptures polymorphes inspirées de glandes hormonales en polystyrène, verre et céramique d’Alisa Baremboym abolissent les limites entre le naturel et l’artificiel pour appréhender une humanité nouvelle.
 

« Crash Test »,
La Panacée, Moco, 14, rue de l’École-de-pharmacie, Montpellier (34), lapanacee.org

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°711 du 1 avril 2018, avec le titre suivant : Crash Test réussi

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