Coleman mis en boucle

L'ŒIL

Le 1 novembre 1999 - 260 mots

Le travail de James Coleman porte sur la perception de la réalité. Mise en abyme de récits, utilisation d’images d’archives, désorganisation du temps sont quelques-uns des ressorts fréquemment utilisés par cet artiste irlandais de 58 ans.
Les deux installations qu’il vient de réaliser répondent à un cahier des charges précis, afin d’entraîner le spectateur dans un environnement où réalité et fiction s’entrecroisent. La Tache Aveugle prend pour point d’appui The Invisible Man, film réalisé en 1933 par James Whale à partir d’un roman de H.G. Wells. L’intrigue du film s’insérait dans le contexte particulier de la montée des fascismes. Afin d’échapper à ses persécuteurs, un savant inventait une formule secrète lui permettant de disparaître à volonté. L’installation de Coleman utilise une scène de ce film sous forme de diapositives. Au lieu de restituer le temps réel de déroulement du film, deux projecteurs laissent s’enchaîner très lentement les diapositives, chacune d’entre elles restant près de 20 minutes à l’écran. Au contraire, l’installation suivante, Photograph, substitue à cette extrême dilatation du temps, annihilant tout mouvement, le montage rapide d’une répétition d’un groupe de jeunes acteurs préparant un spectacle. La mise en boucle de la projection donne l’effroyable impression que les acteurs jouent et rejouent indéfiniment les mêmes scènes. Chez James Coleman, la mise en scène du récit se trouve toujours dans un temps décalé, comparable à celui que l’on rencontre dans les pièces de Samuel Beckett. Bien que tout y soit dit, les personnages et le récit semblent en attente d’une chose qui jamais n’advient.

BRUXELLES, Palais des Beaux-Arts, jusqu’au 14 novembre.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°511 du 1 novembre 1999, avec le titre suivant : Coleman mis en boucle

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