Mercredi 21 février 2018

Chez Apollon et Dionysos

L'ŒIL

Le 4 juillet 2008

Des vases et coupes attiques au milieu de dessins de maîtres des XVIIe et XVIIIe siècles. Telle est l’originale confrontation proposée cet été par la galerie Bernheimer qui a invité David Cahn, antiquaire spécialisé en archéologie à Bâle, à réunir une cinquantaine d’œuvres sur le thème d’« Apollon et Dionysos ». Apollon, patron des poètes et seigneur des muses, symbolise la lumière et la clarté ; Dionysos, dieu du vin, meneur des satyres et des ménades, évoque le monde plus obscur des démons. Ces deux figures antinomiques de l’Olympe incarnent bien à elles deux toutes les facettes de la spiritualité grecque. Elles se trouvent réunies ici autour de l’évocation du symposion. Cette cérémonie rituelle, ferment de la sociabilité et haut lieu du civisme grec, succédait au banquet ; on y buvait le vin, allongé sur des divans, tout en s’adonnant aux plaisirs de l’improvisation poétique, de la musique et de la danse, puis – l’ivresse aidant – aux jeux et à l’érotisme. Un élégant cratère à figures rouges, daté de 370 av. J.-C.,  évoque cette cérémonie. Destiné au mélange de l’eau et du vin – la consommation de vin pur était une marque de barbarie chez les Grecs – on y puisait la précieuse mixture avec une cruche (oenochoe) que l’ont faisait circuler parmi les membres de l’assistance, chacun muni d’une coupe dont les décors figuraient les scènes de débauche et de violence clôturant immanquablement ce type de cérémonie. Une soixantaine de ces vaisselles est présentée, aux côtés d’un remarquable bassin en bronze reposant sur un trépied géométrique daté de 750 av. J.-C. Cet exemplaire exceptionnel proviendrait, d’après le spécialiste Michael Haas, d’un grand sanctuaire grec, Delphes ou Olympie. Traditionnellement associé à Apollon, il servait à bouillir la viande sacrificielle, taureau ou bélier, avant sa distribution aux convives. En écho à ces pièces archéologiques, les cimaises de la galerie Bernheimer déploient des dessins de l’Hollandais Ary de Vois, du Français Jean-Baptiste Deshays, le gendre de François Boucher, ou encore, dans un style plus néoclassique, des paysages de l’Autrichien Josef Rebell peuplés de temples doriques.

MUNICH, galerie Bernheimer, 15-28 juillet.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°508 du 1 juillet 1999, avec le titre suivant : Chez Apollon et Dionysos

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