Mercredi 17 octobre 2018

musée

César Domela, l’art au cordeau

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 1 octobre 2000 - 304 mots

Y aurait-il un cas Domela ? Reconnu dès son plus jeune âge comme l’un des artistes les plus précoces et les plus inventifs de sa génération, il reste aujourd’hui mal connu et son œuvre, foncièrement originale, n’occupe pas la place qu’elle mérite. L’exposition « 65 ans d’abstraction » que lui ont consacré conjointement le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris et le Musée de Grenoble en 1987 fut pourtant l’occasion de faire valoir l’importance et la considérable variété formelle de celle-ci. Né à Amsterdam avec le XXe siècle, César Domela allait prendre fait et cause dès le début des années 20 pour une abstraction radicale dans la suite néoplastique d’un Mondrian. Installé à Paris,
il oriente ses recherches sur le terrain d’une production plus nettement constructiviste multipliant les médiums (sculptures, reliefs, photomontages, travaux typographiques). Soucieux de donner à l’œuvre une dimension physique concrète, il exploite toutes sortes de matériaux inhabituels dans la réalisation de Tableaux-objets qui mêlent tout à la fois peinture, bois, métal, carton, verre ou plexiglas, voire mosaïque, caséine et peaux d’animal. Ses compositions sont fondées sur un jeu de formes géométriques, tant sinueuses que rectilignes, qui déterminent tout un monde propre sans qu’il soit soumis ni à aucun esprit de système, ni à aucune règle. Il y va d’effets de transparence et d’opacité, de modulations ombrées et d’entrelacs serpentins, d’aplats colorés et de brillance chromée qui le disputent à des organisations spatiales toutes en harmonie. À force de créations totalement libres, Domela (qui est mort à Paris en 1992) a su se démarquer de quelque obédience théorique que ce soit. Il a su se créer un style pleinement personnel auquel, ses travaux sur gouache et ses papiers découpés font heureusement écho, et qu’illustre dans la multiplicité de ses actes cette exposition suisse.

LUGANO, Museo cantonale d’Arte, jusqu’au 26 novembre.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°520 du 1 octobre 2000, avec le titre suivant : César Domela, l’art au cordeau

Tous les articles dans Expositions

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque