Samedi 22 février 2020

Montréal (Canada)

Ces questions qui hantent la photographie

Divers lieux Du 10 septembre au 11 octobre 2015

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 26 août 2015 - 278 mots

Depuis vingt-cinq ans, la Biennale du Mois de la photo de Montréal s’est imposée comme une référence.

Pour cette édition, c’est le Catalan Joan Fontcuberta qui développe la problématique de « La condition post-photographique » à travers quinze lieux et la production de vingt-neuf artistes. Parmi eux, son compère Erik Kessels, avec lequel Fontcuberta avait déjà secoué les lignes à Arles en 2011 en faisant une incursion dans le monde débridé de l’Internet et de l’overdose d’images. C’est donc dans cette veine que l’événement montréalais entend ausculter la saturation visuelle, un mois durant depuis le quartier général de la galerie Parisian Laundry. Dans cette magnifique ancienne blanchisserie, on y attend entre autres Adam Broomberg et Oliver Chanarin, ainsi que le duo canadien Janet Cardiff et George Bures Miller. La galerie de l’université UQAM reçoit, quant à elle, l’univers de l’Australienne Patrizia Piccinini, peuplé d’étranges humains mutants à la limite du monstrueux. La post-photographie est donc autant une affaire de supports Internet, de médiums (téléphones intelligents), que de sujets (de l’anticipation à l’ego-portrait par exemple). Joan Fontcuberta affiche le désir d’analyser en profondeur ces phénomènes, depuis la massification produite par le numérique – « Internet se convertit à la fois en archives et en compost universel », dit le photographe –, jusqu’à la question de l’immédiate mise à disposition de la matière. La notion d’auteur sera aussi fondamentale au propos, tant aujourd’hui les rôles de réalisation, mais aussi ceux de validation critique et institutionnelle, sont remis en cause. La plongée dans cet « hic et nunc » de la photographie s’annonce passionnante, parachevée par un colloque international (du 1er au 3  octobre), bien décidé lui aussi à décortiquer les conséquences de cette post-photographie qui hante nos écrans.

« La Condition post-photographique »

Biennale internationale de l’image contemporaine, divers lieux à Montréal (Canada), moisdelaphoto.com

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°682 du 1 septembre 2015, avec le titre suivant : Ces questions qui hantent la photographie

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