Mardi 11 décembre 2018

Cent Van Gogh remis en question

Les experts s’affrontent sur fond de faux

Par Martin Bailey · Le Journal des Arts

Le 30 mai 1997 - 3033 mots

Pour John Rewald, grand spécialiste de l’Impressionnisme et du Post-impressionnisme, disparu il y a trois ans, il n’est pas impossible que l’œuvre de Van Gogh ait fait l’objet de contrefaçons \"plus fréquemment que tout autre maître moderne\". Il ajoute que l’authenticité des œuvres de l’homme à l’oreille coupée a donné lieu à \"plus de discussions passionnées, d’opinions différentes et de controverses entre experts\" que tout autre peintre contemporain. Il n’aurait guère été surpris par le tumulte provoqué lors de la mise en vente du Jardin à Auvers, en décembre dernier. Le débat sur l’authenticité de cette toile résume à lui seul les passions que déchaîne l’œuvre de Van Gogh, liées à l’importance des sommes que des amateurs sont prêts à offrir pour ses tableaux.

C’est cet intérêt financier qui a provoqué la multiplication des faux Van Gogh. Si, du vivant de l’artiste, ses toiles se sont très difficilement vendues, vingt ans après sa mort, ses tableaux valaient déjà fort cher et, dans les années vingt,  Van Gogh était l’un des artistes modernes les mieux cotés. Depuis, le prix de ses œuvres n’a cessé d’augmenter, jusqu’à battre tous les records. Les registres des marchands d’art contemporain de la fin du siècle dernier ne peuvent être mis à contribution pour l’identification de ses œuvres, puisque Van Gogh remettait ses tableaux à son frère Théo ou les vendait à ses amis – certains furent également échangés contre ceux d’autres peintres –, ce qui a fourni plus tard des arguments aux contrefacteurs pour expliquer la découverte de toiles inconnues. Théo est mort sept mois seulement après son frère. Sa veuve, Jo Bonger, très peu liée à Vincent, ne connaissait pratiquement rien de lui ou de son œuvre, si ce n’est ce que Théo avait pu lui dire, et malgré ses efforts pour préserver la réputation de Van Gogh, il est aisé de mettre en cause l’authenticité des œuvres qui ne proviennent pas de la collection familiale. Le peintre a parfois réalisé des copies de toiles pour ses amis ou ses modèles, de sorte que les faussaires ont pu faire leurs propres versions d’œuvres véritables. Il faisait également de très nombreux croquis qui ont pu servir de base à des faux. Ses lettres à Théo ont été publiées, et les faussaires ont pu contrefaire des tableaux déclarés perdus que mentionne sa correspondance.

Le scandale Wacker
C’est trois ans après la mort de Jo Bonger qu’a éclaté le scandale Wacker. Une importante exposition Van Gogh s’est tenue en janvier 1928 à la galerie Paul Cassirer de Berlin. De nombreuses œuvres étaient prêtées par un autre marchand, Otto Wacker. Jusque-là inconnues, elles étaient censées avoir appartenu à un mystérieux aristocrate russe, réfugié en Suisse, dont le nom devait être tu afin que sa famille ne puisse pas être inquiétée par les autorités soviétiques. Si Baart de la Faille, l’éditeur du premier catalogue raisonné de Van Gogh, ne doutait pas de leur authenticité, les tableaux prêtés par Wacker furent pourtant déclarés faux et dénoncés comme tels au début de l’exposition. Wacker, accusé de contrefaçon, fut condamné en 1932 à 19 mois de prison. Le scandale Wacker fut salutaire car il attira l’attention des marchands et commissaires d’exposition sur les risques que présentaient des toiles "inédites". De la Faille ajouta un supplément à son catalogue, dénonça les faux, et publia en 1939 une seconde édition. Après la guerre, il commença à travailler sur une troisième édition, qui resta inachevée à sa mort, en 1959. L’ébauche fut examinée par un comité d’experts, avant d’être finalement publiée en 1970. Le "De la Faille" reste encore aujourd’hui le catalogue "définitif" de l’œuvre de Van Gogh. Sept ans plus tard paraissait la première édition du catalogue de Jan Hulsker, qui présente un classement clair et chronologique des toiles et dessins du peintre (voir page 19). Dans notre article, la lettre suivie d’un chiffre renvoie au numéro de ce catalogue. Malgré ce travail, des doutes ne cessent de grandir à propos de certaines toiles. Deux spécialistes reconnus, Roland Dorn et Walter Feilchenfeldt, ont entrepris à cet effet un travail des plus sérieux. Historien de l’art allemand, Roland Dorn est l’auteur d’une thèse de doctorat sur les toiles peintes à Arles par Van Gogh. Il fut également le commissaire des expositions "Vincent Van Gogh et le Modernisme" (Essen et Amsterdam, 1990-1991) et "Van Gogh et l’École de la Haye" (Vienne et Madrid, 1996). Walter Feilchenfeldt, expert lui aussi, est négociant d’art à Zurich et spécialisé dans les études de provenance. Il a en outre aidé à parachever le catalogue raisonné de Cézanne par Rewald, publié à la fin de l’année dernière. Son père, qui fut un des collaborateurs de Cassirer, avait contribué à dénoncer les faux de Wacker. En s’appuyant sur les registres de la galerie, Feilchenfeldt a rédigé une étude sur Vincent Van Gogh et Paul Cassirer (Van Gogh Museum/Waanders, 1988). Il y a quatre ans, Dorn et Feilchenfeldt ont collaboré à la rédaction d’un article intitulé "Genuine or Fake ?" – vrai ou faux –, publié dans l’ouvrage de Kodera Tsukasa, The Mythology of Vincent Van Gogh (Asahi/John Benjamins).

Provenance et matériaux
Dorn et Feilchenfeldt mènent actuellement des recherches sur l’authenticité d’au moins vingt et une toiles répertoriées dans le dernier catalogue Hulsker. Leur méthode est basée sur deux critères, dont le premier est la provenance. La plupart des faux Van Gogh les plus évidents sont apparus au cours des toutes premières années du XXe siècle. Il est donc essentiel de retrouver les propriétaires successifs des toiles et de montrer une grande prudence envers les œuvres dont la provenance ne serait pas solidement établie depuis les années 1890. En second lieu, l’étude des matériaux, de la technique et du style offre un recours ultime en matière d’authenticité. Les spécialistes s’appuient alors sur leurs connaissances, mais utilisent également les méthodes scientifiques modernes, comme les rayons X et les infrarouges. Les premières toiles de la période hollandaise ont été moins souvent contrefaites parce qu’elles n’ont jamais atteint des prix aussi élevés que celles de la période française. Le séjour parisien du peintre (1886-1888) a offert aux faussaires de nombreuses occasions de produire des œuvres inédites, car si peu de documents subsistent sur le passage de Van Gogh dans la capitale française, de nombreuses rumeurs circulent à propos de toiles que l’artiste aurait données ou qui auraient été perdues. L’équipe Dorn/Feilchenfeldt doute de l’authenticité d’une série de natures mortes – des vases de fleurs – que Jan Hulsker attribue à la période parisienne. Certaines sont simplement trop "sensuelles" pour être de Van Gogh (H1103-4, 1231), notamment celles du Wadsworth Atheneum (Connecticut) et du Von der Heydt Museum (Wuppertal). D’autres peintures de fleurs (H1127-8), comme celle du Gemeentemuseum de La Haye, sont d’un point de vue technique difficilement attribuables à Van Gogh, les teintes étant mélangées à même la toile. Une nature morte aux œillets, qui se trouve au Detroit Institute of Arts, est peinte sur un type de toile que Van Gogh n’a jamais utilisé (H1129).
Les deux chercheurs émettent également des doutes sur des œuvres comme l’exubérant 14 juillet à Paris (H1108), un tableau représentant trois paires de souliers (H1234) du Fogg Art Museum (Massachusetts), et deux natures mortes au pain du Van Gogh Museum (H1121, 1232). Des autoportraits dans les collections du Gemeentemuseum, du Wadsworth Atheneum, du Kunsthistorisches Museum de Vienne et du Metropolitan seraient également sujets à caution (H1198, 1299, 1344, 1354). Lorsqu’il peignait à Arles, Van Gogh envoyait la plupart de ses toiles chez Théo à Paris, mais il en a également offert à des amis. Un nombre plus restreint d’œuvres ayant été dispersé, il est plus difficile de trouver de soi-disant "inédits" pour cette époque. Cependant, les œuvres de la période d’Arles étant les plus cotées de toutes, la tentation est grande pour les faussaires. L’équipe Dorn/Feilchenfeldt conteste les Péniches à charbon du Musée Thyssen-Bornemisza de Madrid (H1571) parce que la topographie du fleuve est bien moins précise que celle d’une toile semblable (et authentique) du Van Gogh Museum. Ils suggèrent également que Champ de blé aux bottes de foin du Musée national de Stockholm (H1482) serait un faux inspiré d’une toile authentique se trouvant au Musée d’art moderne de Toledo (H1479) et qui date, selon Jan Hulsker, de la période d’Arles, alors que le musée de Toledo la situe à Auvers.

La piste Schuffenecker
L’année que Van Gogh a passée à Saint-Rémy-de-Provence offre relativement moins de liberté aux faussaires. Le peintre étant malade, de très nombreuses toiles furent abandonnées ou données. Dorn et Feilchenfeldt remettent en cause Paysage des Alpilles (H1744), Champ de blé aux bottes de foin (H1478), un autoportrait de la National Gallery d’Oslo (H1780) et le Jardin de l’asile du Musée d’Orsay (H1840). Rue avec deux personnages (H2110), qui daterait de ses quinze derniers jours à Auvers, est également contesté parce qu’il est d’un style comparable à celui de Paysage des Alpilles, avec une topographie douteuse. Deux autres personnes ont récemment apporté leur voix à ce concert de remises en cause. Benoît Landais, un Français établi aux Pays-Bas, a mis en doute l’authenticité du Jardin à Auvers (H2107). Landais fait remarquer que selon l’inventaire de Baart de la Faille, ce Jardin avait appartenu à Amédée Schuffenecker – le frère du peintre Émile Schuffenecker –, un marchand suspecté d’avoir écoulé de faux Van Gogh. Selon Landais, la preuve la plus manifeste de la contrefaçon est d’ordre stylistique. Son point de vue est d’ailleurs conforté par Jan Hulsker, pour qui cette toile "ne semble pas être de la main de Vincent". Mais Feilchenfeldt, qui conteste les informations du De La Faille au sujet du Jardin à Auvers, vient de publier la preuve documentée de la vente de la toile à Cassirer par Jo Bonger, la femme de Théo en 1908. Elle provient donc bien de la collection familiale. Feilchenfeldt est, lui, convaincu de son authenticité. Le Van Gogh Museum n’en doute pas non plus. Le tableau n’a pourtant pas trouvé acquéreur lors de la vente aux enchères du 10 décembre dernier. Le débat sur l’authenticité du tableau ayant certainement nui aux enchères. On trouvera dans le JdA n° 33 (février 1997) les arguments du collectionneur Richard Rodriguez sur ce point.Dans un article non publié, Landais met en cause un autre Van Gogh célèbre, l’Arlésienne du Metropolitan Museum of Art de New York (H1624). D’après lui, ce n’est pas la version de la toile que Van Gogh avait donnée à Mme Ginoux, et il en conclut qu’il s’agit d’un faux. Le tableau du Metropolitan appartenait autrefois à Émile Schuffenecker, qui pourrait en être l’auteur. Landais doute même du chef-d’œuvre Les Tournesols (H1666) acheté par la compagnie d’assurances japonaise Yasuda. Selon lui, les coupables désignés seraient encore les frères Schuffenecker.

Une piste Gachet ?
Benoît Landais avance que d’autres faux pourraient bien être l’œuvre de l’ami de Van Gogh à Auvers, le docteur Paul Gachet, lui-même peintre amateur. Les toiles mises en cause par Landais sont notamment le Jardin de l’asile du Van Gogh Museum (H1850), lesVaches du Musée des beaux-arts de Lille (H2095), et le Jardin de Daubigny avec un chat noir (H2105), actuellement prêté au Kunstmuseum de Bâle. Jan Hulsker a également émis des doutes sur les œuvres contestées par Landais, à l’exception des Tournesols qu’il ne remet pas en cause. Cependant, peu de spécialistes suivent actuellement dans ses conclusions à Benoît Landais, qui admet mener une "croisade" contre les experts établis. Une campagne semblable fait rage sur l’Internet. On la doit à Antonio de Robertis, un passionné de Van Gogh établi à Milan (http://www.galactica.it/de-robertis). Il déclare être lui aussi parti "en guerre contre cette conspiration du silence qui regroupe les institutions, les critiques et les collectionneurs, déjà dénoncée en 1930 par de la Faille". Comme Benoît Landais, De Robertis voit dans les Tournesols et le Jardin de Daubigny avec un chat noir deux faux réalisés par les frères Schuffenecker. L’Italien nous a également confié une liste de vingt-sept autres œuvres répertoriées dans le dernier catalogue Hulsker qu’il estime non authentiques, mais seules deux d’entre elles sont remises en cause par Jan Hulsker (H1624, 2107).

Les dessins aussi
Contrairement aux toiles de Van Gogh, ses dessins n’ont reçu que peu d’attention. Cependant, une importante étude de l’œuvre sur papier vient d’être achevée par le chercheur hollandais Liesbeth Heenk. Celle-ci était assistante du commissaire de l’exposition des dessins qui s’est tenue au Musée Kröller-Müller en 1990. Elle est aujourd’hui une des spécialistes du département des Estampes de Christie’s à Londres. La thèse de doctorat de Heenk, soutenue en avril dernier au Courtauld Institute, constitue l’étude la plus détaillée des dessins de Van Gogh depuis Baart de la Faille. Nous avons pu, en exclusivité, consulter son travail. Heenk suspecte onze œuvres répertoriées dans le dernier catalogue de Jan Hulsker de n’être pas authentiques, notamment une aquarelle du Van Gogh Museum, Scène de rue à Paris (H1187). "Elle est réalisée sur un papier lourd, dont nous ne trouvons aucun autre exemple dans l’œuvre de Van Gogh. La technique et le style sont aussi parfaitement inhabituels", explique Liesbeth Heenk. Si Jan Hulsker ne met pas en doute l’authenticité de cette aquarelle, le Van Gogh Museum l’a cependant déclassée. Liesbeth Heenk met également au ban Paysanne épluchant des pommes de terre, qui se trouve au Musée David et Alice van Buuren à Bruxelles. "Les traits de crayon réguliers trahissent distinctement l’imitateur, qui semble s’être inspiré en partie d’un dessin actuellement exposé au Kröller-Müller Museum. Les lèvres de la femme ont été peintes en rouge, ce qui serait exceptionnel chez Van Gogh. Ce type de papier tissé, brunâtre, n’a été utilisé pour aucun autre dessin, et la signature semble fausse", déclare Heenk, qui conteste également l’authenticité de Scierie (H136), Hommes portant des branches (H515), Tête de paysanne (H747), Maisons avec deux femmes (H1997), et Sentier entre les murs du jardin (H2078). L’enquête que nous avons menée révèle que, dans l’ensemble, plus d’une centaine d’œuvres de Van Gogh prêtent aujourd’hui à controverse. Certaines toiles confiées aux frères Van Gogh dans les années 1880 ont pu être prises par la suite, à tort, pour des tableaux de Vincent. Toutefois, dans la plupart des cas, les œuvres douteuses sont probablement des faux, sciemment exécutés. Mais les avis diffèrent grandement sur les toiles condamnables. Sur les quarante-cinq œuvres suivies d’un point d’interrogation dans le catalogue Hulsker, deux seulement sont contestées par Dorn et Feilchenfeldt : ce sont Paysage des Alpilles (H1744) et l’autoportrait du Musée d’Oslo (H1780). Aucun des onze dessins jugés suspects par Liesbeth Heenk n’est mis en doute dans le dernier catalogue Hulsker. Ce manque de cohérence entre les différents experts souligne la nécessité de procéder à un réexamen en profondeur de l’œuvre de Van Gogh.

Le Van Gogh Museum a pris quelques initiatives dans ce sens en mettant en chantier un catalogue de huit volumes sur les œuvres qu’il possède. L’année dernière a été publié le travail de Sjraar van Heugten, conservateur des dessins, Vincent Van Gogh Drawings 1880-1883 (Van Gogh Museum/V K/Lund Humphries). D’autres volumes doivent suivre cette année, concernant les dessins (1883-1885) et les peintures (1881-1885). Les derniers tomes seront publiés vers 2001. Le premier volume est un modèle d’étude et de recherche, dans lequel les problèmes d’authenticité sont abordés dans le détail. Comme l’explique dans l’avant-propos du premier tome l’ancien directeur du musée, Ronald de Leeuw, les œuvres douteuses sont écartées, parce que "le musée ne peut tout simplement se prêter lui aussi à la création de nouvelles légendes sur l’œuvre d’un peintre déjà entouré de tant de mythes". La seconde grande collection de Van Gogh est celle du Kröller-Müller Museum à Otterlo, qui envisage également de produire un catalogue scientifique dont la réalisation prendra quelques années. À eux deux, les musées d’Amsterdam et d’Otterlo possèdent un tiers de l’œuvre de Van Gogh, le reste étant disséminé dans des collections du monde entier. Si le conservateur du Van Gogh Museum, Louis van Tilborgh, et son équipe en ont analysé un grand nombre, leur politique consiste à n’étudier l’authenticité des œuvres que si leurs propriétaires en font la demande expresse. Enfin, les faux ne seront pas définitivement écartés tant que tout l’œuvre de Van Gogh ne sera pas réexaminé de façon systématique en vue d’un nouveau catalogue raisonné. Il serait donc nécessaire de créer à Amsterdam un projet international de recherche utilisant également les compétences de conservateurs et de chercheurs extérieurs au Van Gogh Museum.

L’ouvrage de référence de Hulsker
C’est en devenant un spécialiste incontesté des lettres de Van Gogh que Jan Hulsker s’est intéressé à sa peinture et a publié, en 1977, un catalogue raisonné. Dans une nouvelle édition, le directeur général émérite des Affaires culturelles du ministère néerlandais de la Culture tient compte des nouvelles recherches, des nouvelles localisations des œuvres et, surtout, s’attache à établir une chronologie claire. La mise à jour de ce catalogue n’a écarté que deux peintures sur un ensemble de 2 125 œuvres figurant dans la première édition : un paysage urbain d’Amsterdam et le portrait d’une Parisienne. Mais en s’appuyant sur un large ensemble de lettres du peintre et d’articles de presse, l’auteur a modifié la datation ou la période de nombreux tableaux et dessins. La nouvelle édition présente en outre des esquisses tirées de sa correspondance. Un chapitre a également été ajouté sur d’autres esquisses datant de la jeunesse de Van Gogh, avant qu’il ne décide de devenir artiste. Contrairement à l’édition 1977, la date de quarante-cinq peintures et dessins est maintenant accompagnée d’un point d’interrogation. Pour Jan Hulsker, cette incertitude soit porte sur la date généralement acceptée de l’œuvre, soit est une mise en garde invitant à d’autres recherches. Ainsi, L’Arlésienne du Metropolitan Museum (H1624) et le Docteur Gachet du Musée d’Orsay (H2014) sont suivis d’un point d’interrogation. Dans la préface de l’ouvrage, Jan Hulsker avertit que "toutes les œuvres reproduites ne doivent pas être considérées comme authentiques". Il s’interroge en particulier sur la période d’Auvers-sur-Oise, en soulignant que "le nombre de toiles attribuées à Van Gogh est largement supérieur à celui qu’il aurait pu réellement peindre au cours des soixante-dix jours qu’il y a passés avant sa mort". Hulsker a répertorié soixante-six huiles datées de cette période, soit près d’un tableau peint par jour…
Jan Hulsker, The New Complete Van Gogh, 503 p., 760 F., John Benjamins (Publishers) Amsterdam/Philadelphie.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°39 du 30 mai 1997, avec le titre suivant : Cent Van Gogh remis en question

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