Carl Andre dispersé en Allemagne

Double rétrospective à Krefeld et Wolfsburg

Par Roger Bevan · Le Journal des Arts

Le 1 février 1996 - 448 mots

Alors que le Städtisches Museum de Mönchengladbach a été le premier musée au monde à avoir exposé, en 1968, les sculptures de Carl Andre, la rétrospective prochaine de son œuvre, organisée de concert par le Kunstmuseum de Wolsburg et le Krefelder Kunstmuseum, est la première manifestation de cette ampleur à être consacrée outre-Rhin à l’artiste minimaliste. Elle est malheureusement scindée en deux lieux distants de près de quatre cents kilomètres.

KREFELD ET WOLFSBURG - Pour célébrer le soixantième anniversaire de Carl Andre, Eva Meyer-Hermann, directrice adjointe de la Kunsthalle de Nuremberg, a choisi d’organiser la plus importante exposition jamais consacrée à son œuvre. Outre la rédaction du catalogue, elle a sélectionné les soixante-treize œuvres exposées à Krefeld et à Wolfsburg, allant d’une exceptionnelle sculpture acrylique rectangulaire de 1958 – l’une des deux œuvres de la première année de carrière de Carl Andre à avoir survécu –, aux sculptures et aux Floor-Pieces (plaques de métal régulièrement disposées au sol) des cinq dernières années.

Parallèlement à cette production récente, qui représente un bon tiers de l’exposition, Carl Andre a profité de l’année écoulée pour reconstituer quelques œuvres décisives de ses débuts, qu’il avait démontées ou recyclées dans le passé. La rétrospective actuelle présente ainsi Convex Ash Pyramid (détruite en 1959, reconstruite en 1995) et Sand-Lime Instar, une sculpture en brique détruite en 1966 et reconstituée par l’artiste, il y a tout juste un an, à la galerie Gagosian de New York. Carl Andre ne cesse de combler les vides et reconstruit actuellement Crib (détruit en 1965), Coin (détruit en 1965), Cuts (détruit en 1967) et Lament for the Children (détruit en 1976).

Cette démarche, qui pose la question du statut et de l’originalité de ces nouvelles versions d’œuvres antérieures, avait déjà été adoptée par l’artiste en 1969, lorsqu’il avait recréé Equivalent, une série de huit groupes de briques qui avait été démantelée après une première présentation en 1966.

Scindée en deux lieux distants de près de quatre cents kilomètres, cette rétrospective se divise également d’un point de vue thématique. À Krefeld, des Floor-Pieces, notamment de petit format et exécutées dans des métaux rares, occuperont la Haus Lange et la Haus Esters, sous l’intitulé "à la maison". Wolfsburg a opté en revanche pour un parti moins intime et présente les grandes sculptures en bois et les installations. Le Museum of Modern Art d’Oxford, fort de ses liens privilégiés avec l’artiste pour avoir été le premier musée britannique à l’exposer en 1975, accueillera l’exposition à partir du 28 avril.

CARL ANDRE, SCULPTEUR, 1996, Kunstmuseum, Wolfsburg, du 3 février au 21 avril, Krefelder Kunstmuseum, du 4 février au 21 avril. Puis au Museum of Modern Art, Oxford, du 28 avril au 30 juin.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°22 du 1 février 1996, avec le titre suivant : Carl Andre dispersé en Allemagne

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