Mercredi 17 octobre 2018

Capa au plus près de la guerre

L'ŒIL

Le 1 décembre 2004 - 360 mots

Robert Capa – de son vrai nom Endre Friedmann – est, à juste titre, considéré comme le plus grand photographe de guerre. Né à Budapest en 1913 dans une famille juive, il quitte la Hongrie en 1931 pour s’installer à Berlin. Assistant à l’agence Dephot où il côtoie de grands reporters allemands, il s’initie à la photographie. En 1933, il rencontre à Paris André Kertész, David Seymour et
Cartier-Bresson, avec qui il fondera l’agence Magnum en 1947. Travaillant pour de grands journaux dès 1936, Capa sera le témoin de cinq guerres : la guerre civile espagnole (1936-1939), la résistance chinoise à l’invasion japonaise (1938), la Seconde Guerre mondiale, la première guerre israélo-arabe (1948), et la guerre d’Indochine (1954). Avec Robert Capa naît un nouveau type de photographie de guerre, compassionnelle et humaniste, au plus près de ceux qui la font et qui la subissent. Au cœur de l’événement, sans jamais être freiné par la peur du danger – jusqu’à perdre la vie en sautant sur une mine le 25 mai 1954 en Indochine –, le photographe privilégie les gros plans et les cadrages rapprochés. Plus que la guerre en train de se faire, Capa fixe des instants avant, pendant et après le combat, sans le montrer : des civils les yeux tournés vers le ciel quelques secondes avant un bombardement, un soldat tentant d’en soigner un autre qui vient d’être touché par une balle, un groupe d’enfants riant aux pitreries d’un clown dans une cave à Barcelone pendant une attaque aérienne en 1939...
Témoignages passionnants de l’Histoire, beaucoup de ces clichés rendent compte de la violence des combats par l’intermédiaire des victimes, toujours montrées avec respect. L’exposition parcourt l’ensemble de la carrière de Capa à partir de trois cents clichés – pour la plupart des vintages –, en offrant légitimement la plus large place au reportage de guerre, mais elle présente également des images moins connues, notamment une série sur le Tour de France et des portraits d’artistes.

« Capa connu et inconnu », PARIS, bibliothèque nationale de France, site Richelieu, 58 rue de Richelieu, IIe, tél. 01 53 79 59 59, 6 octobre-31 décembre, cat. BNF, 250 p., 40 euros.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°564 du 1 décembre 2004, avec le titre suivant : Capa au plus près de la guerre

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