Bram Bogart, entre matière et couleur

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 1 novembre 1999

C’est « comme de la crème : on en mangerait » disait Calder des peintures de Bram Bogart. En effet, les tourbillons de couleurs et la densité de la masse picturale des œuvres du peintre d’origine hollandaise ont l’onctuosité d’une pâte à gâteau. Bram Bogart explore la couleur par le jeu de la matière depuis une cinquantaine d’années. La modeste rétrospective (une vingtaine de tableaux allant de 1963 à 1999) organisée à Nice montre l’évolution d’une œuvre étroitement liée au maniement du matériau pictural :
si le support transparaissait encore dans les années 60 dans certaines œuvres où l’on pouvait sentir l’influence d’artistes américains tels que Rothko, elle disparaît, tout comme les limites traditionnelles du tableau, au fur et à mesure de l’accroissement de l’épaisseur de la peinture. Il faut également relever une évolution certaine dans le traitement du coloris qui va progressivement se circonscrire aux couleurs primaires, entre abstractions monochromes et explosions multicolores. Chez Bram Bogart, la matière nécessite un traitement particulier : mélange d’huile, de pigments purs et d’eau, appliqué à plat sur une toile chiffonnée, clouée ou collée, ce baume coloré est brassé, étiré, presque pétri. Une énergie violente transparaît dans la forte consistance de la croûte qui, une fois sèche, pourrait être prise pour du plâtre coloré.

NICE, Musée d’Art moderne et d’Art contemporain, jusqu’au 5 décembre.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°511 du 1 novembre 1999, avec le titre suivant : Bram Bogart, entre matière et couleur

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