Jeudi 19 septembre 2019

Kunstmuseum Liechtenstein, Vaduz (Liechtenstein)

Bill Bollinge, la redécouverte

Du 4 février au 8 mai 2011

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 28 janvier 2011 - 328 mots

Compagnon de route de Richard Serra, de Bruce Nauman, de Robert Smithson, de Keith Sonnier et d’Eva Hesse, Bill Bollinger (1939-1988) compte parmi les figures les plus radicales des avant-gardes des années 1960-1970.

Adepte d’une esthétique qui se décline à l’ordre du process art, c’est-à-dire d’un art s’attachant moins à l’œuvre qu’à sa réalisation, Bill Bollinger a développé toute une production de sculptures éphémères. Sa participation à l’exposition qu’organise Harald Szeemann à la Kunsthalle de Bern en 1969 – « Quand les attitudes deviennent forme » – en est une puissante illustration. Les trois pièces qu’il y présente en appellent non seulement à un vocabulaire de formes minimales et à des matériaux pauvres, mais elles mettent le regard à l’épreuve d’une appréhension phénoménologique de l’œuvre. Ainsi de cette grille en acier simplement posée contre la cimaise ou de cette corde tendue au ras du sol entre deux vis. Tubes en caoutchouc, treillis métalliques, fonte, poussière de graphite, plastique…, l’art de Bollinger se caractérise par une utilisation sensible des particularités et des possibilités que lui offraient les matériaux. L’eau elle-même y joue un rôle important. Suite à un voyage en Europe, fait en 1969 à bord d’un cargo, et à la prise de conscience de la courbe de la surface de l’Atlantique, l’artiste multiplia les pièces dans lesquelles il l’utilisa, emplissant toutes sortes de tuyaux afin de suggérer tant une ligne qu’une courbe ou un système de distribution. Une façon de parler de flux et d’énergie et de jouer des lois physiques fondamentales comme la gravité ou l’équilibre.

 L’exposition rétrospective que propose le Kunstmuseum Liechtenstein, à partir du 4 février 2011, est l’occasion de réévaluer une œuvre que l’artiste avait choisi d’interrompre pour des raisons personnelles dans le milieu des années 1970 avant de sombrer dans l’alcoolisme et d’en mourir. À sa relecture, on observe combien elle était prospective.

Voir

« Bill Bollinger. The Retrospective », Kunstmuseum Liechtenstein, Städtle 32, Vaduz (Liechtenstein), www.kunstmuseum.li, du 4 février au 8 mai 2011.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°632 du 1 février 2011, avec le titre suivant : Bill Bollinge, la redécouverte

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