Baudelaire-Despiau : l’union miraculeuse

L'ŒIL

Le 1 octobre 2005 - 246 mots

Illustrer Baudelaire, voilà un défi ! Même pour qui n’en a qu’un lointain souvenir, Les Fleurs du mal, c’est la forêt équatoriale : touffeur, toxicité. Matisse, Redon s’y sont essayés. Talent du premier, mais ses visages illustrent-ils vraiment Baudelaire ? Les images compliquées et ésotériques de Redon sont tout à fait d’époque. Mais quid de l’émotion ? Et là, avec Despiau… un petit miracle. Avec, d’un côté, le génie. Hors norme. De l’autre, un sculpteur, de province. Talent tranquille, carrière officielle. Invité en 1941 par Hitler avec les tenants de la grande tradition française. Et tout aussi heureux de s’y rendre que Derain ou Vlaminck. D’un côté, un poète qui chante la jungle urbaine, l’artifice, le maquillage et le travestissement. De l’autre, un sculpteur de corps nus et sereins, de chairs paisibles, à la Maillol. Alors, le miracle ? En 1933, les nus de Despiau épousent charnellement le texte de Baudelaire. Un mystère à scruter… ceux qui n’auront pas eu la chance de visiter les expositions estivales de Bordeaux et Libourne se précipiteront à Mont-de-Marsan, calme préfecture des Landes et capitale du foie gras… Entrée gratuite au musée, tandis que bustes et rondes-bosses de tout poil investissent les rues… à l’occasion de « Mont-de-Marsan sculptures », qui n’a tout de même lieu que tous les trois ans… L’occasion, en tout cas, de découvrir un artiste doué, certainement né au mauvais moment.

« Charles Despiau : hommage à Charles Baudelaire », MONT-DE-MARSAN (40), musée Despiau-Wlerick, place Marguerite de Navarre, tél. 05 58 75 00 45.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°573 du 1 octobre 2005, avec le titre suivant : Baudelaire-Despiau : l’union miraculeuse

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