Baquié, la traversée du présent

L'ŒIL

Le 1 juin 1999

Il y a trois ans Richard Baquié nous quittait. Son œuvre est désormais gérée par la galerie Arlogos, qui s’engage à la faire revivre au moyen d’expositions régulières.

L’artiste marseillais, auteur de subtiles machines bricolées, productrices de mouvements, de sons, d’images, abordait des problématiques telles que la notion de déplacement réel ou mental, la difficulté de mémoriser les sensations de l’instant présent. Voitures découpées, objets de récupération peuplent sa chaleureuse création. C’est d’ailleurs les cheveux dans le vent, face au défilé de la côte italienne et bercé par Come prima que l’on apprécie l’une de ses pièces. Qu’il soit tendre, ironique ou féroce son profil est celui d’un grand sentimental. Aussi le sentiment amoureux est-il au cœur de nombre de ses œuvres comme en témoigne Cherchez un regard de femme qui obsède. Ses sculptures n’apportent pas de réponse à une question posée mais laissent libre cours à l’imaginaire, permettant à l’individu d’y projeter ses images mentales, de se réapproprier les mots essaimés. La distance qu’il peut y avoir entre les mots prononcés et la pensée comporte une marge qui l’a toujours intéressé ; sa création se glisse dans cet interstice, dans cet espace-temps qu’illustre bien Que reste-t-il de ce que l’on a pensé et non dit ? Ailleurs Lolita c’est le destin, se compose d’un piquet couronné d’un avion tournant sans fin sur lui-même, peut-être l’illustration de notre enfermement, éternels prisonniers de notre condition humaine.

Galerie Arlogos, jusqu’au 10 juillet.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°507 du 1 juin 1999, avec le titre suivant : Baquié, la traversée du présent

Tous les articles dans Expositions

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque