Mercredi 17 octobre 2018

Au-delà des éphèbes

Le baron von Gloeden travaillait véritablement ses images

Le Journal des Arts

Le 5 janvier 2001 - 313 mots

Le baron Wilhelm von Gloeden est connu pour ses photographies d’éphèbes imprégnées d’un certain culte de la beauté inspirée de l’Antique. Le Palazzo Vecchio lui consacre une rétrospective, dans la salle des Armes, avec 200 « vintages » (tirages originaux d’époque) en partie inédits.

FLORENCE (de notre correspondante) - À la recherche d’un climat méditerranéen, le baron Wilhelm von Gloeden (1856-1931) s’installe dès 1878 à Taormina sur la côte orientale de la Sicile. De santé fragile, il y restera jusqu’à sa mort. Il fréquente la maison du peintre Francesco Paolo Michetti en 1880 et y rencontre des personnages comme Gabriele D’Annunzio et la journaliste Matilde Serao (1857-1927). Bien qu’ayant étudié la peinture en Allemagne, von Gloeden ne tarde pas à développer, à travers la photographie, son intérêt pour une esthétique classicisante. Néanmoins, la présence récurrente de nus masculins évoquant la sculpture gréco-romaine, si elle peut d’une certaine façon apparaître comme une référence à Winckelmann, exprime aussi la sensibilité troublée de l’époque symboliste. Son travail, publié par le photographe et critique américain Alfred Stieglitz, ne trouve pas pour autant d’équivalent dans la photographie de l’époque. Les tirages et négatifs sur plaque présentés font partie des deux mille images récemment acquises par les Archives Fratelli Alinari – une série de photographies dites en 1936, à l’époque mussolinienne, pornographiques. L’exposition, organisée par Charles-Henri Favrod, distingue les paysages des portraits et des nus. Elle permet notamment d’appréhender le procédé et les qualités des techniques adoptées, grâce à la confrontation de plusieurs tirages du même sujet, tous caractérisés par un virage différent : le procédé était exécuté manuellement par von Gloeden qui, s’aidant de différents types de papier et de retouches à la peinture, avait pour objectif déclaré de rendre chaque photographie “unique”.

- WILHELM VON GLOEDEN, jusqu’au 4 février, Palazzo Vecchio, piazza della Signoria, Florence, tél. 39 055 27 681, tlj 9h-19h, jeudi et dimanche 9h-14h, www.nuovopalazzovecchio.org

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°118 du 5 janvier 2001, avec le titre suivant : Au-delà des éphèbes

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