Samedi 21 septembre 2019

Centre d’art contemporain de Meymac

Au bonheur des femmes

Jusqu’au 12 juin 2011

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 14 mars 2011 - 353 mots

Entendons-nous, « Femme objet, Femme sujet » ne révolutionnera pas notre vision du féminin. Programmée à l’occasion du Printemps de Haute-Corrèze et de sa thématique « femme » choisie pour l’édition 2011, l’exposition concoctée par la direction du Centre d’art de Meymac – Caroline Bissière et Jean-Paul Blanchet – rebat les cartes habituelles sur cette thématique toujours controversée.

Fait-on autant d’expositions sur l’homme ? Sûrement pas. Classiquement, celle-ci se construit sur des conceptions paradoxales du genre : « Marie ou Salomé ; épouse ou prostituée ; femme ou maîtresse ; pubère ou impubère ; pudique ou impudique ; sainte ou salope. Le sang menstruel comme un secret sacré, une injustice, une affliction », comme l’explique Blanchet. 

Pour illustrer ces paradoxes, une trentaine d’artistes ont été rassemblés et la bonne nouvelle, c’est que la liste n’est pas strictement féminine. En revanche, peu d’actualisation : on retrouve un bataillon de noms attendus comme ceux de Marie-Ange Guilleminot, Valérie Mréjen, Florence Paradeis, Françoise Pétrovitch, Rosemarie Trockel, d’Isabelle Lévénez. L’exposition se range le plus souvent du côté de la sagesse avec toutefois quelques dérapages sauvages bienvenus comme avec le travail de Liz Cohen, artiste californienne déjantée qui a customisé une Trabant en s’attaquant au gros œuvre en bikini, prenant des poses vulgaires. Lorsque l’emblème de l’ex-Allemagne de l’Est fraie avec le stéréotype de la créature écervelée tout juste bonne à shampouiner de la carrosserie, l’entreprise prend une tournure spectaculaire. Du transgressif qui répond aux travestissements de Michel Journiac métamorphosé en Greta Garbo en 1972, et aux séances de bondage made in Japan signées Araki. 

On sera aussi content de retrouver les peintures réalistes de Nina Childress. Ses Hair Pieces, sous-titrées Les Blondes, trouvent magnifiquement leur place dans ce cadre, odes à cet attribut du sex-appeal et de la vacuité intellectuelle résumé à une galerie de perruques vides sur fond bleu à la manière des albums à découper des années 1970 pour fillettes sages. La femme est-elle encore un sujet intéressant ? L’exposition dit oui, sans hésitation !

Voir

« Femme objet/Femme sujet », Abbaye Saint-André, Centre d’art contemporain, place du Bûcher, Meymac (19), www.centre-art-contemporain-meymac.com, jusqu’au 12 juin 2011.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°634 du 1 avril 2011, avec le titre suivant : Au bonheur des femmes

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