Mercredi 21 février 2018

Après l’Antique

Rome entre paganisme et christianisme

Le Journal des Arts

Le 22 février 2008

Pour couronner l’année du Jubilé, le Palais des expositions de Rome consacre une rétrospective à l’histoire de la cité romaine de la fin du IIIe au IVe siècle et aborde avec quelque 400 œuvres, le passage délicat du paganisme au christianisme.

ROME (de notre correspondant) - L’exposition intitulée “La Ville : de la Rome païenne à la cité chrétienne” revisite la transition d’un état à l’autre, sous tous les points de vue : politique, social, religieux ainsi que sous un aspect urbanistique, architectural et artistique. Ce processus complexe est brossé à partir de l’époque des tétrarques et de Constantin, jusqu’à ses développements de la fin du IVe siècle. Les grands chantiers, le peuplement de la ville, les espaces publics et la domus privée, les sièges du pouvoir et les jeux du cirque y sont évoqués. Une étourdissante série de bustes et de statues en porphyre illustrent le thème du gigantisme dans les représentations impériales et occupent l’espace de la rotonde avec le bronze colossal de Constantin conservé au Musée du Capitole, exposé pour la première fois depuis sa restauration.

La deuxième partie de la rétrospective est consacrée à l’évolution des arts plastiques durant ces deux siècles, à travers une analyse formelle dont le plus intéressant motif est le portrait sculpté. Une série de pièces permet d’apprécier la transformation progressive du style, des typologies et des significations implicites véhiculées par les images : l’iconographie traditionnelle était ainsi réemployée, maintenant des liens directs entre le paganisme et certains épisodes de la vie et de la religion chrétienne. De nombreux rites païens (cultes de Mithra, d’Isis, ou de Cybèle) ont longtemps continué à prospérer dans des formes plus ou moins syncrétiques et à s’unir contre le christianisme, parfois même avec des intentions politiques évidentes. À la fin du IVe siècle, sanctuaires et temples encore en fonction étaient parfois restaurés. Parmi les œuvres présentées, la plus extraordinaire est sans doute la reconstitution de la grande salle de l’édifice découvert près de la Porta Marina, à Ostie, avec sa décoration en marqueterie de marbre.

- LA VILLE : DE LA ROME PA�?ENNE À LA CITÉ CHRÉTIENNE, jusqu’au 20 avril, Palazzo delle Esposizioni, via Nazionale 194, Rome, tél. 39 06 47 45 903, tlj sauf mardi 10h-21h, www.palaexpo.com

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°118 du 5 janvier 2001, avec le titre suivant : Après l’Antique

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