Vendredi 4 décembre 2020

Galeries Lafayette

« Antidote 6 » se tourne vers l’international

Jusqu’au 8 janvier 2011

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 27 octobre 2010 - 325 mots

Pour cette sixième édition d’ « Antidote », l’exposition consacrée à une sélection des derniers achats de Ginette Moulin et de son petit-fils, Guillaume Houzé (une famille qui possède et dirige le groupe des Galeries Lafayette), c’est la rupture.

Déjà, l’an dernier, les cartes avaient été violemment brassées. La collection jusqu’ici très francophile se posait en porte-voix d’artistes français comme Mathieu Mercier, Xavier Veilhan, Michel Blazy ou Pierre Ardouvin (et de la galerie Valentin en particulier). À cette particularité, s’en ajoutait une autre : le suivi accordé à ces artistes qui permettait à la collection de s’enorgueillir d’ensembles inédits et conséquents.

Mais la stratégie est désormais de s’afficher au-delà de nos frontières puisque le groupe soutient depuis l’an dernier un secteur prospectif à la Fiac [lire L’œil n° 628]. Logiquement, le goût des acquisitions change donc et se positionne nettement pour faire de Guillaume Houzé un collectionneur international. Autour de Tatiana Trouvé, seule rescapée des années françaises mais la seule aussi à être représentée par Gagosian à New York, six autres artistes : Victor Man (vu en 2009 sur l’île de Vassivière), Pietro Roccasalva (repéré à la Triennale de Turin et la Biennale de Venise), Markus Schinwald (révélé chez nous par le CAC de Brétigny), Niels Trannois (jeune Français installé à Berlin et entraperçu au Capc de Bordeaux), Ulla von Brandenburg (installée à Paris, elle tourne beaucoup à l’étranger) et enfin, Andro Wekua (coqueluche de la scène berlinoise).

Et l’atmosphère générale de cette exposition s’annonce sombre et elliptique avec de nombreuses peintures mutiques et étranges. L’affiche est d’ailleurs parée d’une tête de mort. Une forme d’avertissement entre memento mori et vanité ? L’avant-propos ne le dit pas. Il laisse planer le mystère de ces œuvres ambiguës qui parlent de corps absents, de mise en scène, de performance et de théâtre sans pour autant nous raconter des histoires. Drôle d’expérience en perspective.

Voir

« Antidote », Galeries Lafayette, 40, bd Haussmann, Paris IXe, www.galerieslafayette.com, jusqu’au 8 janvier.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°629 du 1 novembre 2010, avec le titre suivant : « Antidote 6 » se tourne vers l’international

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