Samedi 15 décembre 2018

Alexandre Iacovleff, à travers le monde

Par Laure Meyer · L'ŒIL

Le 1 mars 2004 - 339 mots

Peintre des croisières Citroën, Iacovleff (1887-1938) était d’origine russe. Avec la Croisière noire en 1924 il traverse le Sahara, le Niger, le Tchad et le Congo pour arriver à Madagascar. En 1931, la Croisière jaune le conduit de la Perse à la Chine. Sensible à tout ce qu’il voyait, il a dessiné d’une façon sobre et probe les divers types ethniques rencontrés, accumulant une documentation anthropologique de grande valeur. Ces croquis devaient lui permettre de réaliser des paysages à l’huile à son retour à Paris. Car le souci scientifique qui ne le quittait pas ne l’empêchait jamais de faire aussi œuvre d’art. « Il avait la curiosité, la passion des paysages et des êtres » écrit Joseph Kessel qui, en 1917, l’avait rencontré dans un train en Mongolie. C’est à l’Académie de Saint-Pétersbourg qu’il avait acquis le métier très sûr dont il fera toujours preuve. Avec ses amis du théâtre et ses contacts avec les Ballets russes, il s’initie également à l’esthétique du spectacle et dessine costumes et décors, apprentissage d’une inestimable valeur lorsqu’il s’agira de tracer une image caractéristique d’un personnage. De ses voyages en Italie, il avait gardé l’amour d’un dessin précis, qui cernait la forme absolue, en réaction contre l’impressionnisme. L’exposition que lui consacre le musée des Années 30, sa première grande rétrospective, présente quelque cent cinquante œuvres, tableaux et sanguines, portraits, paysages, scènes de genre. Toutes les races s’y côtoient, femme africaine ou chinoise, guerrier afghan ou sultan de Birao, tous parés d’une dignité grave. Comme le remarquait déjà Joseph Kessel dans le train de Mongolie : « Quelle vigueur et justesse dans le trait, quelle densité, plénitude sculpturale dans les volumes… Quel talent pour dépayser et offrir au spectateur les fruits d’un voyage long, difficile et périlleux. »
Le catalogue, préfacé par Pierre Rosenberg de l’Académie française, rend à cet artiste sa juste place dans l’art de son époque.

« Alexandre Iacovleff, Itinérances », BOULOGNE-BILLANCOURT (92), musée des Années 30, espace Landowski, 28 av. André Morizet, tél. 01 55 18 46 42, 31 mars-14 août.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°556 du 1 mars 2004, avec le titre suivant : Alexandre Iacovleff, à travers le monde

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