Dimanche 21 octobre 2018

Centre de création contemporaine, Tours Jusqu’au 6 juin 2010

Alain Bublex - Équation photographique

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 26 avril 2010 - 347 mots

« Alain Bublex, 15 ans de peinture, inventaire de l’œuvre photographique », le titre de la première rétrospective de l’artiste en France forme une bien étrange équation.

Il faut dire que l’artiste est davantage un conducteur de projets « multimédium » que strictement photographe. Pourtant, cette pratique innerve toute sa production d’utopies paysagères et de fictions urbaines. Et le fond de réalisme qui les sous-tend sort tout droit des clichés qu’il ne cesse de prendre. Et d’arranger. Car avec cet artiste remarqué depuis ses débuts en 1992, il est toujours question d’extrapolation visuelle : Glooscap, Plug-in City, Plan voisin, Mont Fuji, Ghosts, chaque série témoigne d’un arrangement plus ou moins prononcé avec la réalité.

D’ailleurs, l’accrochage tourangeau témoigne de cette façon de travailler profondément dynamique. Bublex a pris les cimaises du centre d’art pour des feuilles et travaillé l’espace comme on met en page. Il a joué avec les bords, alterné fonds blancs et colorés, formats imposants et tirages plus modestes présentés avec des sous-verre lambda.

Dans cette balade profondément urbaine où la voiture est reine, surgissent des paysages, des contractions géographiques et temporelles au détour desquels le mont Fuji ne cesse d’apparaître. Déroulement, surgissement, la visite s’anime et alterne de fortes planéités avec des trouées perspectives qui s’amusent à créer des illusions d’optique. Déjà, au MAC/VAL l’an dernier, Bublex s’était essayé à sortir l’accrochage du photographique de sa torpeur linéaire. Il avait alors manipulé les hauteurs, rogné les marges, décadré le spectateur.

À Tours, il poursuit son exploration du médium « exposition » et interroge le statut de toutes ses images en un dialogue stimulant et prolixe. Derrière des dehors lisses et tranquilles, aucune d’entre elles n’est anodine ou définitive. Elles agissent comme des possibles, une qualité centrale de l’œuvre de l’artiste chevillé à la question du potentiel et du projet. Et ainsi de transformer l’exercice de la rétrospective en réserve pour le futur.

« Alain Bublex, 15 ans de peinture, inventaire de l’œuvre photographique », Centre de création contemporaine, 53-55 rue Marcel-Tribut, Tours (37), tél. 02 47 66 50 00, www.ccc-art.com, jusqu’au 6 juin 2010.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°624 du 1 mai 2010, avec le titre suivant : Alain Bublex - Équation photographique

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