03 juin. - 24 sep. 2012

Paris Centre Pompidou - Musée national d'art moderne

Gerhard Richter

L’année « Gerhard Richter », qui célèbre le 80e anniversaire de l’artiste allemand, se poursuit en France avec la présentation de la grande rétrospective itinérante au Centre Pompidou.

Né le 9 février 1932 à Dresde (Allemagne), Gerhard Richter se définit volontiers comme un artiste à multiple facettes, capable de se réinventer et de faire prendre à son travail des chemins radicalement différents. « Je n’obéis à aucune intention, à aucun système, à aucune tendance ; je n’ai ni programme, ni style, ni prétention. J’aime l’incertitude, l’infini et l’insécurité permanente». Il défend une nouvelle vision de l’art dans laquelle il se veut à la fois héritier de la tradition picturale et descendant de Jackson Pollock.

« Reproduire une photo me semblait être la chose la plus antiartistique que l’on puisse faire ». C’est pourtant grâce à ses photo-peintures qu’il impose son œuvre à la scène européenne dans les années 1960. A partir de ses propres clichés ou des photographies de presse qu’il agrandit, il « recopie » l’image lui donnant un aspect flou en frottant les contours.  Ema (Nu sur un escalier) restera l’une des photo-peintures les plus emblématiques du début de sa carrière.

Dans les années 1970, il se tourne vers l’abstraction, oscillant entre abstraction géométrique (comme ses  Nuanciers  inspirés par les échantillons de couleurs exposés dans les magasins de peinture) et abstraction gestuelle aux couleurs vives ou simplement des monochromes. La décennie suivante voit apparaître un nouveau type de toiles abstraites « où les formes gestuelles et géométriques s’entremêlent » ; c’est le début de ses grands tableaux abstraits et de la reconnaissance internationale de Richter. Par la suite, il explore une nouvelle technique : il étale plusieurs couches de peinture fraîche, à l’aide de planches de bois ou de métal, qu’il racle ensuite pour créer des jeux de superposition et des effets de matière où le hasard joue un rôle fondamental.

Parallèlement à ces innovations, Gerhard Richter n’oublie pas la tradition artistique dont il se réclame le successeur. « Je me considère comme l’héritier d’une immense, fantastique et féconde culture de la peinture que nous avons perdue, mais à laquelle nous sommes redevables ». Ses paysages notamment s’inspirent de l’artiste romantique allemand par excellence, Caspar David Friedrich. Comme ce dernier, Richter invite à la contemplation de la nature sublimée et spiritualisée. Il réalise également des peintures d’histoire et de nombreux portraits intimes de sa famille. Est aussi exposé au Centre Pompidou un de ses rares autoportrait réalisé en 1995 à partir de sa technique de photo-peinture.

Exposition itinérante, « Gerhard Richter – Panorama » a déjà été présentée à la Tate Modern de Londres (du 6 octobre 2011 au 8 janvier 2012) et la Neue Nationalgalerie de Berlin (du 12 février au 13 mai 2012). Le commissariat de l’exposition parisienne a été confié à Camille Morineau, conservatrice au Centre Pompidou; la scénographie a été conçue en collaboration avec l’artiste. Au même moment, le musée du Louvre organise une exposition sur les dessins et aquarelles de Gerhard Richter.

Informations pratiques
CENTRE POMPIDOU - MUSÉE NATIONAL D'ART MODERNE

Place Georges Pompidou
Paris 75004
Ile-de-France
France

Contact
+33 (0)1 44 78 12 33

www.centrepompidou.fr
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