13 sep. - 13 déc. 2009

Versailles Château de Versailles

Xavier Veilhan

Autre écueil : l’accompagnement pédagogique. Hormis une plaquette gratuite, l’absence d’un fléchage clair et de panneaux explicatifs ne facilite pas notre visite. Le parcours comporte huit œuvres in situ, créées spécifiquement pour l’occasion : Veilhan ne montre pas ici ses œuvres vedettes, tel son rhinocéros rouge, mais des pièces nouvelles, faites de sculptures pixellisées (Le Carrosse, Le Gisant, Les Architectes), de boules (Le Mobile, La Lune), d’ampoules électriques (Light Machine) et d’un grand Jet d’eau - marchant à peine.
Se méfiant de la surenchère de la rétrospective façon Koons (le néo-pop avait montré dix-sept œuvres), Veilhan préfère se faire plus modeste, la qualité l’emportant sur la quantité. C’est à la fois sa force et sa faiblesse. D’un côté, il se montre très respectueux du lieu et des visiteurs. Il n’impose pas ses œuvres mais les propose, au gré d’un parcours cosmique.
Les socles ouverts des Architectes laissent subtilement passer le paysage et les rêveries poétiques, on s’invente des dialogues entre classiques (Hardouin-Mansart, Le Nôtre…) et modernes (Piano, Nouvel…). L’objet évocateur, toujours ambivalent chez Veilhan (son Carrosse hésite entre la sculpture et le design, le rétro et le futurisme), rappelle que la réalité d’une œuvre dépend de la perception du spectateur. D’un autre côté, si la dissémination des œuvres, au sein du site, engendre des failles spatio-temporelles propices aux réflexions, elle présente aussi des failles plus dommageables. La présence « en creux » de Veilhan (signalons que la plupart des œuvres sont en extérieur) est à la limite de la discrétion, voire de la transparence. Certes, Veilhan déclare être « un artiste de la surface », mais la rencontre, tant attendue entre l’aspect lunaire de sa production et le Roi-Soleil, a tendance à nous laisser sur notre faim. C’est, par moments, trop sage, pas assez sensuel. Pour le Gisant Youri Gagarine ou le Mobile, on s’étonne, de la part d’un plasticien qui a collaboré avec Air, groupe électro co-auteur de la B.O. vaporeuse du film Marie Antoinette, que la dimension sonore ne soit pas prise en compte : un habillage audio aérien aurait pu permettre à cette expo-installation de nous amener davantage vers un ailleurs, mixant passé, présent et futur. Bref, pour moi, le décollage visionnaire qu’offre Veilhan n’est qu’à moitié réussi et, à choisir, histoire d’appréhender Versailles à l’aune d’un regard actuel, j’ai préféré le collage pétaradant signé Koons.

Légende photo : Renzo Piano / Les Architectes - Xavier Veilhan - photo LudoSane
Informations pratiques
CHÂTEAU DE VERSAILLES

Musée du Château
78000 Versailles
France

Contact
+33 (0)1 30 83 78 00

www.chateauversailles.fr
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