20 mai. - 21 sep. 2009

Paris Musée de Cluny - musée national du Moyen Âge

Le bain et le miroir - Cosmétiques et soins du corps de l'Antiquité à la Renaissance

Au musée de Cluny, il faut bien constater que le voyage proposé, traitant du thème de la toilette et du bain mais aussi de la question de la cosmétique et du soin du corps de l’Antiquité au Moyen Âge, est fort plaisant à faire. Ici, point de bains moussants dans lesquels se prélasser, ne rêvons pas !, mais un cadre aéré – le frigidarium, ou pièce froide, des thermes de Cluny est rouvert à l’occasion de cette expo – permet une plongée idéale dans l’Histoire. Manuscrits, peintures, tapisseries et objets de toutes sortes (peignes, boîtes à fard, miroirs…) présentent les secrets de beauté pendant plus de 2000 ans - précisons que Le bain et le miroir est une expo en deux volets présentés simultanément au musée de Cluny (Antiquité, Moyen Âge) et au Château d’Ecouen (Renaissance).

A Cluny, l’espace de circulation, très agréable, permet de ne jamais crouler sous le poids de l’Histoire, et la scénographie, avec ses « effets miroir » provenant de tout un jeu de transparences nées de la présence de panneaux vitrés, nous renvoie avec malice à nous-mêmes, à savoir à notre propre corps. Le parcours chronologique bénéficie d’un bon éclairage didactique : en plus des cartels habituels, les objets exposés sont accompagnés de petits films explicatifs permettant un décryptage aisé. Seul bémol concernant la pédagogie : le dépliant offert n’est pas assez fouillé, il manque d’images et de contenu.

La 1ère partie de l’expo, dans le frigidarium, montre les vestiges gréco-romains pendant que la 2ème, dans deux salles de l’hôtel de Cluny, nous fait découvrir la période médiévale. En se penchant sur les femmes - et hommes ! - du passé qui prenaient soin de leur corps, via les rituels sociaux de la toilette, on va de surprise en surprise : on s’aperçoit, d’une part, que notre époque actuelle, obsédée par l’image et la jeunesse éternelle, n’est point la seule et qu’une industrie du luxe s’était développée dès l’Antiquité (cf. les superbes flacons provenant du musée romain-germanique de Cologne) et, d’autre part, on s’aperçoit à quel point le cliché d’un Moyen Âge obscur bat de l’aile. A l’ère médiévale, le renoncement de soi prôné par l’Eglise n’empêche pas le fidèle d’être attaché aux soins corporels, il lui suffit en quelque sorte d’adopter l’adage suivant : « l’esthétique sans éthique n’est que cosmétique. » Bref, attention au fard, qui n’est qu’artifice et « œuvre du Diable », seule la beauté naturelle, « donnée par Dieu », est possible. Ainsi, Marie Madeleine, à cheval entre le profane et le sacré, fait figure ici de métonymie car cultivant l’entre-deux entre forme & fond. D’un côté, avec sa coiffure élégante et son pot à onguents, elle s’apparente à une pécheresse, et de l’autre, elle incarne la femme-disciple venant soigner le Christ.

Légende photo : © Musée de Cluny – Musée national du Moyen Âge
Informations pratiques
MUSÉE DE CLUNY - MUSÉE NATIONAL DU MOYEN ÂGE

6, place Paul Painlevé
75005 Paris
France

Contact
+33 (0)1 53 73 78 00

www.musee-moyenage.fr
Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque