Vendredi 23 février 2018

08 avr. - 03 aoû. 2009

Paris Cinémathèque française - Musée du cinéma

Jacques Tati - Deux temps, trois mouvements

En six films (Jour de fête, Les Vacances de M. Hulot, Mon Oncle, Playtime, Trafic, Parade), le grand burlesque Tati (1907-1982) a créé un univers poétique, un état d’esprit, dépassant largement le seul cadre du septième art. Le Tati-World, c’est un monde imprimé sur celluloïd, mais c’est aussi une attitude décalée qui vient contaminer les autres arts (cirque, architecture, design…) et le réel : la vie de tous les jours, que ce soit sur une plage, dans un quartier ou une ville moderne, ne cesse de rendre hommage à Tati, via des gags qui nous rappellent Hulot, François le facteur et autres silhouettes graphiques semblant échappés de ses films pince-sans-rire.

Sur 650 m², cette expo festive, avec son parcours zigzagant et sa signalétique farcesque, invite à un Tati-trip, mettant en pratique, et en espace, la fameuse phrase de Tati : « Je veux que le film commence quand vous quittez la salle. », et ça marche. Ainsi, on a l’impression heureuse d’être dans un film-somme de Tati qui réunirait tous ses opus. Histoire de confondre l’art et la vie, une boutique, dans la section Jour de fête, est même intégrée dans le décor (!), nous vendant, avec l’air de ne pas y toucher, de nombreux produits dérivés de l’œuvre.

Joyeusement, on devient Jacquot le Trottant, éternel vacancier, et on se balade, amusé, de chapitre en chapitre (Music-Hall, A l’américaine, Drugstore, etc.), dans une labyrinthique « Tativille ». D’un côté, on découvre des objets qui témoignent du travail tatillon du cinéaste (costumes, accessoires, maquettes, photos, affiches, carnets de gags dessinés de sa main) et, de l’autre, on part à la rencontre de créateurs qui ont nourri ou se sont inspirés de son art : Lagrange, César, Tinguely, Graham, Etaix, Sempé, Sorin, Domeau & Pérès. Toutes ces œuvres, plastiquement ou philosophiquement, ont une belle présence, aussi on s’étonne que, pour certaines autres (Nighthawks d’Hopper, Tango de Warhol, Le Requin de Veilhan), on ne nous propose que des reproductions et non point les originaux – c’est un peu de l’abus, je trouve, de la part d’un musée ! Hormis cette réserve, l’ensemble est une joie pour l’œil et l’esprit (j’ai bien ri lorsque j’ai vu, dans l’obscurité, une momie à l’effigie de Tati qui vient ici parodier l’impression d’embaumement égyptien que donne toute pratique muséale !). Dernier point, je vous conseille de décrypter la Tati’s touch en allant assister aux « leçons du Professeur Goudet » dispensées avec humour sur 12 écrans au centre de l’expo-hommage.

Informations pratiques
CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE - MUSÉE DU CINÉMA

51, rue de Bercy
75012Paris
France

Contact
+33 (0)1 71 19 33 33

www.cinematheque.fr
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