16 jan. - 16 aoû. 2009

Saint-Louis Fondation Fernet-Branca

Charles Pollock (1902 - 1988)

Depuis son ouverture, ce musée réalise des expos remarquables (Mosset, Mathieu, Ufan…) et, avec l’exposition « Charles Pollock (1902-1988) », prolongée jusqu’au 16 août suite à l’intérêt du public et des professionnels, cet espace reste fidèle à sa réputation : ce lieu d’art alsacien peut tout à fait soutenir la comparaison avec une grande institution parisienne. Sur 1200 m², il présente 120 œuvres (peintures, dessins, aquatintes, lithographies) d’un artiste jusque-là méconnu. Il s’agit, en France et en Europe, de la 1ère exposition d’envergure internationale consacrée à ce peintre, figuratif puis abstrait, ayant pleinement participé à l’aventure de l’art américain au 20e siècle. Selon sa fille Francesca, son père, très discret, « n’a pas été capable de se mettre dans son temps » mais il « a été le mentor de tous ses frères ».

Ici, point de drippings all-over comme chez son cadet, le mythique Jackson Pollock, mais des œuvres épurées rappelant Rothko, Still et Newman. Bref, ce « frère de… » appartient au courant Color-Field : champ coloré où « la couleur, libérée de ses fonctions localisantes et dénotatives, acquiert davantage d’autonomie » (C. Greenberg). A l’aide d’une scénographie subtile (cimaises blanches sobres, lumière tamisée, panneaux pédagogiques clairs), une succession de salles suit le parcours de (quasiment) toute une vie de peintre, constituée de séries et d’un large éventail de techniques picturales. Les premières salles permettent de voir que ses paysages de l’Ouest américain et ses calligraphies influencées par le Mexique (série Chapala, 1955-56) annoncent déjà, via tout un réseau de symboles et de lignes de couleurs, ses futures abstractions.

Dans la salle 5 et suivantes, sa série Rome (1962-63), faite de grandes plages de clairs-obscurs traversées par une ligne colorée, montre à quel point on a affaire à un coloriste raffiné et la dernière salle (8, série Post-Rome, 1964), présentant de grands carrés aux aplats vibrants et infinis, évoque Matisse pour qui « un m² de bleu est plus bleu qu’un cm² de la même couleur ». Au final, en plus de découvrir un « Autre Pollock » gagnant à être connu et reconnu, le Fernet-Branca est un lieu aéré où l’on s’y sent très bien et où l’accueil est fort appréciable ; je vous invite d’ailleurs à suivre les visites guidées d’Auguste Vonville car ce médiateur culturel, en plus d’être un passionné, transmet son savoir avec un humour redoutable !

Légende photo : Chappala Dessin 13 - 1956 - encre - 77 x 56,5cm
Informations pratiques
FONDATION FERNET-BRANCA

2, rue du Ballon
68300 Saint-Louis
France

Contact
+33 (0)3 89 69 10 77

fondationfernet-branca.org
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