18 mar. - 20 juil. 2009

Paris Centre Pompidou - Musée national d'art moderne

Calder - Les années parisiennes

Entre 1926 et 1931, Calder met au point un cirque miniature, à la fois très élaboré, avec des centaines de personnages, et très simple, fait avec des matériaux de récupération et dans un esprit de bricolage. Ce cirque, qu’il transporte dans une malle d’une ville à l’autre et « joue » en public, ne tarde pas à le rendre célèbre. Vous pourrez enfin découvrir à Paris, pour la première fois depuis 1970, ce cirque qui n’a pas quitté le Whitney Museum de New York depuis son acquisition en 1982. La construction s’anime grâce à un film de Jean Painlevé où l’on voit l’artiste, à l’allure de bonhomme bourru, manipuler avec une habileté de marionnettiste des petits personnages ludiques et poétiques en fil de fer qui se plient à toutes sortes d’acrobaties.

L’exposition permet de découvrir également des oeuvres moins connues de Calder, comme les dessins qu’il réalise avant de partir à Paris et qu’il publie dans la presse new yorkaise. Ce sont toujours des figures en mouvement croquées sur le vif et stylisées par un trait sûr qui va à l’essentiel (c’est-à-dire pour Calder au mouvement): danseuses, acrobates, boxeurs, footballeurs, mais aussi animaux qu’il observe au zoo.

L’artiste décide de s’installer à Paris à l’âge de 28 ans, avec son épouse Louisa. Paris est alors la capitale artistique et Calder s’y lie avec les photographes Brassaï et Kertész, avec Miró, Mondrian, Léger, Marcel Duchamp. Il invente la sculpture en fil de fer, matériau qu’il tord avec dextérité et rapidité, et avec lequel il dessine en trois dimensions le portrait de ses amis et rencontres. Parmi ces portraits, apparaissent deux femmes mythiques des années folles : Kiki de Montparnasse et Joséphine Baker. L’éclairage de l’exposition, particulièrement réussi, met en valeur le graphisme mobile des sculptures linéaires qui projettent leur silhouette non figée sur les murs blancs. La série des « Joséphine Baker » danse littéralement dans l’espace.

En 1930, la visite de l’atelier de Mondrian constitue une véritable commotion esthétique pour Calder : «  j’ai pensé (...) comme ce serait bien si tout cela bougeait ». Et les formes épurées aux couleurs primaires de Mondrian se mettent à bouger dans le nouveau genre de sculpture qu’élabore l’artiste : le mobile, sculpture affranchie de la masse, et dont l’apparence est sans cesse modifiée par l’air ou par la présence d’un moteur. Loin de se limiter aux angles droits de Mondrian, Calder explore les formes biomorphiques et cosmiques, cercles et courbes proches de l’univers de Miró et Arp.

L’exposition se poursuit dans la Galerie du musée, deux étages en dessous. On y découvre un Calder inédit : également sculpteur sur bois et inventeur de jouets, le virtuose du fer a créé de nombreux animaux mobiles en bois qui voyagent outre-Atlantique pour la première fois.

De nombreux documents complètent le parcours et grâce aux films qui ponctuent l’exposition, certaines oeuvres prennent vie devant nous, animées par leur créateur.

Légende photo : "La Magie Calder" - film de Carlos Vilardebo - 18 mn - 1961 - Voir un extrait du film
Informations pratiques
CENTRE POMPIDOU - MUSÉE NATIONAL D'ART MODERNE

Place Georges Pompidou
Paris 75004
Ile-de-France
France

Contact
+33 (0)1 44 78 12 33

www.centrepompidou.fr
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