28 oct. - 03 jan. 09-10

Paris Musée de Cluny - musée national du Moyen Âge

Astérix au musée de Cluny

Sur ce plan-là, le pari est gagné. On découvre le work in progress de la page 12 de l’album Le Ciel lui tombe sur la tête (2005) : du crayonné à la parution en album, via l’encrage et la mise en couleurs, on rentre de plain-pied dans l’atelier d’une BD, et c’est passionnant - un bémol cependant, les présentoirs qui dévoilent ces étapes multiples sont trop hauts pour les enfants : ceux-ci, sur la pointe des pieds, tentent tant bien que mal d’en profiter.

Au tout début du parcours, on prend beaucoup de plaisir à découvrir les esquisses originelles (1959) des fameux personnages de l’époque gallo-romaine. Puis, on se balade, à l’envi, dans les superbes planches réalisées avec brio par le grand dessinateur qu’est Uderzo - je reste épaté par la fluidité de ses pleins et déliés à l’encre de Chine. Enfin, on tombe, amusés, sur des gags à gogo, provenant aussi bien des planches exposées que des cloisons du musée agrémentées de répliques cultes, telles que « Il ne faut jamais parler sèchement à un Numide » et autres « Rome, Sweet Rome ». Un regret cependant, on devine que, pour éviter que les planches A3 ne se perdent dans l’immense salle froide du frigidarium, les scénographes ont tenté de résoudre le problème en mettant une boîte dans la boîte, certes ça fonctionne mais cette mise en espace classique a hélas tendance à limiter le dialogue souhaité entre Astérix, issu d’une antiquité imaginaire, et le bâtiment de la Lutèce antique. De ce point de vue-là, l’espace de projection présentant une animation 3D des différentes étapes de la création d’une BD est raté. D’une part, question confort, on s’étonne qu’il n’y ait pas de sièges ou poufs mis à disposition afin de profiter pleinement du film et, d’autre part, aucun clin d’œil scénographique n’est effectué entre les œuvres antiques exposées à demeure et Astérix & Obélix.

Pourtant, avec peut-être la création de tout un jeu de socles alternant personnages historiques, tels qu’un prêtre en marbre de l’Empire romain, et statues à l’effigie des personnages cartoons d’Uderzo, on aurait pu davantage multiplier les correspondances entre la culture BD et l’architecture romaine du lieu. Mais, par Toutatis !, hormis ces quelques réserves, cette expo reste, dans son ensemble, fidèle à l’esprit (caustique) de Goscinny, et ça reste tout de même le plus important.

© rmn
Informations pratiques
MUSÉE DE CLUNY - MUSÉE NATIONAL DU MOYEN ÂGE

6, place Paul Painlevé
75005 Paris
France

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