Mercredi 20 novembre 2019

06 mar. - 01 juin. 2008

New York Whitney Museum of American Art

Whitney biennial 2008

D’après la biennale, l’art contemporain ne serait plus que grandes installations et vidéos. La peinture et la photographie apparaissent de manière plutôt marginale, si bien que Karen Kilimnik fait presque figure d’extraterrestre avec ses quatre tout petits tableaux éclairés par un lustre ancien.

La majorité des oeuvres sont peu compréhensibles, et semblent faire écho à une phrase inscrite en argile dans le parcours « I misunderstand therefore I am » (je comprends mal donc je suis), ou le sont trop, répétant des procédés cent fois employés.

Cependant, certaines pièces méritent le détour, comme le film de Javier Téllez, « Letter on the Blind , For the Use of Those Who See ». Chacun leur tour, six aveugles caressent un éléphant que l’artiste a mis à leur disposition, et réussissent à nous faire sentir cette texture vivante et chaude par la description qu’ils en font (« un manteau », « un pneu mais chaud », « quelque chose de merveilleux »...). Le spectateur suit l’exploration de la peau du pachyderme, véritable voyage sensoriel, avec tension et émotion.

Une oeuvre étrange attire particulièrement le public au deuxième étage du musée : dans une sorte de grande baraque en bois, ou plutôt d’assemblage de planches à l’odeur nauséabonde, les vidéos de Mika Rottenberg nous montrent une communauté de femmes aux cheveux démesurément longs, telles les soeurs Sutherland. Avec leurs cheveux, elles font du fromage de chèvre ! Parodie de la tendance actuelle du retour aux produits bio et à l’artisanat, dans notre société de consommation ?

Cette société de consommation est présente dans de nombreuses oeuvres, faites d’assemblages de bric et de broc, d’objets de toutes sortes ; tels les panneaux « Under Pressure » de Rita Ackermann qui revendique son « obsession du pop art », sa « shoppingmania » et sa « tabloïdmania ».

Face à tant d’afflux d’images et de matériaux, des artistes choisissent la répétition et la copie, telle Sherrie Levine, tandis que d’autres clament leur impuissance à créer : Ellen Harvey présente son « Museum of Failure « (musée de l’échec): Collection of Impossible Subjects & Invisible Self-Portraits », cadres vides et photographies ratées. C’est précisément ce genre d’oeuvre qui empêche la biennale de transformer le Whitney en autre museum of failure.

Informations pratiques
WHITNEY MUSEUM OF AMERICAN ART

99 Gansevoort Street
New York, NY 10014
États-Unis

Horaires
horaires: 11h-18h, vendredi 13h-21h (18h-21h admission libre)
lundi-mardi
Contact
www.whitney.org/www/2008biennial
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