08 mar. - 09 mai. 2008

Paris Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois

Œuvres majeures par Arman, César, Deschamps, Dufrêne, Hains, Spoerri, Villeglé

Via une activité d’archivage de fragments du réel, il s’agit de souligner la réalité poétique ou artistique déjà présente dans la Cité. C’est donc avec plaisir que l’on retrouve les compressions de César (Relief, 1962), les accumulations d’Arman (Allegro con Brio, 1977), les tableaux-assemblages de Gérard Deschamps (Trade Mark, 1963) et de Daniel Spoerri (Der Teufel auf Erden, 1962), les pochettes d’allumettes géantes de Raymond Hains (Saffa, 1971) ou encore les affichistes tels que Dufrêne et Villeglé se jouant dans leurs (dé)collages des mots et des slogans. Dans Boulevard Saint-Germain (1969), on peut lire, amusé, cette phrase : « les coups de pied au cul par l’aliénation de la publicité ne dureront plus longtemps. » Dont acte !

La circulation entre les pièces se fait aisément, la lumière zénithale de la galerie met bien en avant les forts contrastes chromatiques des œuvres et le côté « chantier » de l’espace d’exposition (on aperçoit au sol des giclures rouges issues d’une ancienne installation de Richard Jackson) marche très bien avec l’aspect brut de décoffrage du Nouveau Réalisme. Pour autant, à l’exception de la présentation judicieuse d’un artiste pas assez célébré à mon goût (Gérard Deschamps), nous sommes guère surpris par ce qui est montré : il n’y a pas vraiment ici de caractère inédit des œuvres exposées - elles ont toutes déjà été montrées dans divers musées. On se croirait ni plus ni moins dans un espace muséal. C’est bien de faire ça, rappeler l’importance de ce courant artistique qui n’a rien à envier au Pop Art en ce qui concerne son appropriation de l’espace urbain, mais on aurait souhaité être plus étonné.

Et, entre nous, quel dommage que tout l’espace d’expo ne soit pas entièrement consacré aux Nouveaux Réalistes. Eh oui, on se demande bien ce que vient faire une salle (appelée Project Room) nous montrant des peintures géantes et une petite sculpture en bronze d’hamburgers de Mike Bouchet, jeune artiste américain de l’écurie Vallois, ça fait tout de même ici cheveu sur la soupe, pièce rapportée. Dommage. Pourquoi ne pas avoir mis à la place d’autres Nouveaux Réalistes curieusement absents (Klein, Raysse, Rotella, de Saint-Phalle, Tinguely) ? Toutefois, bien qu’elle nous laisse sur notre faim, ça reste une expo à faire car ce qui est exposé est indéniablement de qualité. L’accueil est convenable, sans plus.

Informations pratiques
GALERIE GEORGES-PHILIPPE ET NATHALIE VALLOIS

33 et 36, rue de Seine
75006 Paris
France

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