21 oct. - 01 fév. 08-09

Paris Musée d'Orsay

Masques. De Carpeaux à Picasso

Cimaises couleur lie de vin, lumière tamisée, spots directionnels discrets, séquences bien agencées (Sources, Dans l’atelier, Autour du symbolisme, Renouveaux), les salles consacrées aux masques leur offrent un écrin idéal leur permettant de libérer leur pouvoir suggestif : du visage au masque et vice versa. Objet de la dualité par excellence, jadis utilisé dans les représentations théâtrales, les cérémonies religieuses ou lors du carnaval de Venise, le masque fascine toujours autant. « Faux visage de carton peint dont on se couvre la figure pour se déguiser » (Dictionnaire universel du XIXe siècle, 1875), il voile autant qu’il dévoile.

Moult visiteurs se pressent ici pour voir défiler toute une galerie de « portraits » réels ou imaginaires, fantaisistes ou menaçants, signés aussi bien par des créateurs majeurs (Ensor, Rodin, Böcklin, Gauguin, Picasso) que par des artistes moins célèbres ayant participé, via des audaces expérimentales surprenantes (les masques en verre d’Henry Cross), à un renouveau du masque en sculpture et en peinture à la fin du XIXe siècle. Masque mortuaire, Gorgone, Dragon, loup de la commedia dell’arte, fragment chez Rodin et on en passe, ce rendez-vous des « têtes coupées » trouble parce qu’il renvoie à l’identité. A coup sûr, pour la qualité de son accrochage et pour les œuvres présentées, cette expo, ô combien séduisante, est à faire. Il y a des salles dans lesquelles on pourrait y passer des heures tant les correspondances entre les figures feintes invitent à des dialogues fascinants entre artistes, époques et cultures - liens bienvenus par exemple avec le japonisme et les masques dits primitifs.

Petit bémol cependant, dommage que les salles des masques ne proposent jamais de sièges pour faire une halte (le parcours est long) et, encore plus regrettable, l’accompagnement pédagogique des visiteurs, hormis des panneaux explicatifs passionnants à lire, n’est pas suffisamment développé. On s’étonne par exemple qu’il n’y ait aucune fiche de visite gratuite distribuée et, pour un tel sujet attirant des aficionados de 7 à 77 ans, de l’absence d’un parcours interactif pour les plus jeunes.

Pourtant, au niveau de la terrasse Lille, à proximité des masques, il y avait un superbe espace pour installer un atelier sur le thème du masque qui aurait permis aux enfants de laisser davantage vagabonder leur imagination.

Légende photo : Arnold Böcklin (1827-1901) - Bouclier avec le visage de Méduse (détail) - 1897 - Papier maché - hauteur 61 cm - Paris, musée d'Orsay © RMN (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski
Informations pratiques
MUSÉE D'ORSAY

1, rue de la Légion d'Honneur
75007 Paris
France

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