09 sep. - 08 nov. 2008

Paris Galerie Lara Vincy

Marta Minujin et Mark Brusse - « La chambre d’amour » (1963-2008)

Pour la petite histoire, il faut savoir que cette structure-habitacle, constituée de bois, de matelas peints, de mousse synthétique, de chaînes et de pics, est en fait une réplique à l’identique d’une œuvre originale conçue en 1964 pour une exposition au Japon, « Art contemporain français – Le Labyrinthe de la ville à la chambre d’amour », mais elle n’en reviendra jamais, ou alors en pièces détachées !, cette grande installation itinérante fut restituée à ses concepteurs dans une boîte à chaussure égarée à tout jamais sur les docks de Marseille.

C’est ce qu’on apprend dans la fiche de visite distribuée à l’entrée de l’expo, et c’est aussi ce que nous raconte le galeriste qui prend plaisir à varier les anecdotes autour de cette chambre d’amour au parfum Pop, fusionnant pour notre plus grand plaisir les cabanes de l’enfance, les bonbons anglais acidulés, l’univers du Sergent Pepper’s et du Marquis de Sade, via, pour ce dernier, la présence de chaînes et d’un mystérieux levier en bois permettant d’orienter le lit à sa guise.

A n’en pas douter, cette chambre, avec ses allures de Dream Machine, est le clou de l’expo. En invitant le spectateur à dormir, rêver, songer, aimer et autres, nos deux plasticiens font de l’esthétique relationnelle avant l’heure. D’ailleurs, dans cette galerie, il suffit de tendre l’oreille pour croiser des visiteurs s’inventer des histoires autour de cette cabane hallucinogène fonctionnant comme une boîte à malices et pouvant également rappeler le fameux Merzbau (1933) de Schwitters - installation habitable, modulable et extensible.

Ici aussi, en quelque sorte, cette chambre de fortune sort de son lit car, sur les cimaises de la galerie, on prolonge sa « visite » via un triptyque témoin de cette réalisation, appartenant au MAC/VAL (La chambre d’amour, 2003), ainsi qu’avec des sculptures en bois (Brusse) et des œuvres murales faites de matelas colorés (Minujin). Les prix oscillent entre 14 000 € (tableaux-objets, meubles-sculptures) et 150 000 € (La chambre d’amour). Le tout est gai, ludique et propice aux échanges, tour à tour intellectuels ou amoureux, politiques ou poétiques. In fine, ne ratez pas la dernière vitrine exposant livres ouverts et photos de Marta Minujin, on la voit notamment avec le pape du Pop : en 1985, elle avait réalisé une action symbolique à New York avec Andy Warhol, lui offrant des épis de maïs pour payer la dette extérieure de l’Argentine - « Tu es le Roi du Pop Art et, moi, je suis la Reine du Pop à l’argentine ! » Allez, hop, faites donc un tour dans cette chambre d’amour, histoire, qui sait, de vérifier la validité de son titre !

Informations pratiques
GALERIE LARA VINCY

47, rue de Seine
75006 Paris
France

Le Journal des Arts.fr

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