Mercredi 30 septembre 2020

25 juin. - 07 sep. 2008

Monaco Nouveau Musée national de Monaco

Kees Van Dongen - Rétrospective

La promenade au sein des salles parfaitement climatisées et éclairées, est fort agréable, et les toiles ont une présence chromatique tellement forte – des couleurs puissamment arbitraires - qu’on en arrive presque à oublier la grosse tuyauterie façon Beaubourg qui nous surplombe. Le dépliant gratuit et les panneaux informatifs sont clairs, on suit très facilement les différentes séquences : du néo-impressionnisme des débuts aux portraits mondains bling-bling de la fin via Fauvisme, Expressionnisme, espagnolade, exotisme, orientalisme & Co. Franchement, il y a des œuvres qui sont absolument bluffantes de par leur modernité plastique et leurs qualités artistiques (un trait sûr à la Toulouse-Lautrec, une pâte picturale étalée avec virtuosité). Par exemple, le jeu fascinant entre profondeur et planéité dans Le Châle de Manille (1910-1911) permet un va-et-vient optique à la surface de la toile qui vient interroger à loisir le médium peinture : d’un côté, on entre dans le regard pénétrant d’une femme ô combien sensuelle et, de l’autre, les motifs décoratifs façon Ingres ou Matisse nous renvoient à la platitude de l’image – attention chef-d’œuvre !

Hélas, on ne peut pas en dire autant de tout ce qui nous est donné à voir. Vers la fin, les choses se gâtent un peu, on assiste à une galerie de mondains, aux poses affectées, semblant vouloir rivaliser dans le clinquant, le m’as-tu-vu et l’aspect bonbonnière. Heureusement, in fine, quelques trouées de lumière (L’Horloge de la plage de Deauville, 1935, L’Amazone, 1950) viennent nous rappeler que le vieux lion à la Coiffe de Neptune avait encore de la ressource pour nous épater, il était temps. Détail important : un panneau explicatif n’omet point d’évoquer une ombre au tableau dans le CV d’un artiste autrefois engagé, à savoir sa participation (1941) au voyage des artistes français en Allemagne. On peut faire abstraction de cela en goûtant uniquement la maestria de sa peinture, pour autant un petit arrière goût dans la bouche à son égard est loin d’être complètement injustifié. Autre réserve, quel dommage d’entendre tout au long du parcours une sonnerie d’alarme retentir dès qu’un visiteur se penche pour admirer de près une œuvre ou pour lire un petit cartel. Néanmoins, ne boudons pas notre plaisir, ici, la Beauté est au rendez-vous sous toutes ses formes et le personnel du musée (accueil, gardiens) se montre fort sympathique.

Informations pratiques
NOUVEAU MUSÉE NATIONAL DE MONACO

Monte-Carlo View 8 avenue Hector Otto
Monaco 98000
France

Contact
+377 98 98 19 62

www.nmnm.mc
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