Mardi 22 septembre 2020

15 fév. - 27 avr. 2008

Paris Centre Wallonie-Bruxelles

Du dessin à l'animation du dess(e)in

Le trait et la ligne, plus ou moins claire, s’épanouissent librement dans l’espace du lieu et on déambule de salle en salle. On a vraiment cette sensation d’être de plain-pied dans un dess(e)in cultivant avec malice l’économie de moyens, le less is more minimaliste ou bien, au contraire, les clins d’yeux d’aujourd’hui à l’informatique et aux jeux vidéo - les murs sombres participant d’ailleurs pleinement, tels des écrins, à la mise en valeur du support-écran, pour la plupart du temps, blanc.

Que leurs dessins soient de lumière, de sang de bœuf, d’encre, de fusain, de pierre noire, de crayon, de pointe sèche ou qu’ils occupent le champ visuel en utilisant les nouveaux outils technologiques (via le film animé), 18 artistes, dont certains bien connus – le Belge Petrus de Man, le Sud-Africain William Kentridge ou encore le rock’n’roll et très prolifique Fabien Verschaere -, nous offrent une lecture multidimensionnelle de l’art du dessin contemporain, qui se présente ainsi à nous dans toute sa dynamique et sa variété de médiums.

De cette écriture graphique jaillissante ou au contraire toute en retenue (clair-obscur, ambiance crépusculaire…), j’ai aimé justement ce va-et-vient permanent entre la douceur enfantine (le dessin animé témoignant d’un retour au conte et aux sources de l’enfance) et la représentation de la violence, de la solitude des êtres et de la mort. D’ailleurs, les œuvres de Fabien Verschaere (dessins sur papier/écran), peuplées de fantômes, de lutins diaboliques et de fées lubriques, manifestent pleinement cet entre-deux. Au cours de ma visite, j’ai vu des ados littéralement accrochés par ces dessins facétieux car ils y retrouvent peut-être certaines blessures secrètes liées à l’enfance.

J’ai aussi particulièrement apprécié les dessins de corps surréalistes très précis, voire chirurgicaux, de Denis De Rudder et l’installation méticuleuse et très sensible de Benoît Félix laissant suspendre à un mur, blanc sur blanc, une arabesque de papiers découpés. Par contre, il faut l’avouer, il y a des œuvres d’inégale valeur : je n’ai pas aimé le travail plutôt chichiteux de Paulette Faignard-Preud’homme, son papier est tellement chiffonné et trituré qu’il en devient une sorte de papier crèche standard ! Malgré cette petite réserve, je vous invite vraiment à visiter cette expo-patchwork car, à travers sa valse de traits et sa ritournelle d’images à l’inquiétante étrangeté, elle est très éclairante sur la diversité du champ graphique actuel. Signalons, au passage, que l’entrée est libre et que l’accueil est excellent (très bonne écoute).

Informations pratiques
CENTRE WALLONIE-BRUXELLES

127-129, rue Saint-Martin - Piazza Beaubourg
Paris 75004
Ile-de-France
France

Contact
+33 (0)1 53 01 96 96

www.cwb.fr
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