18 juin. - 13 oct. 2008

Paris Musée Maillol - Fondation Dina Vierny

China Gold, l’art contemporain chinois

C’est vraiment une expo intéressante à laquelle nous convie le musée Maillol avec China Gold, il s’agit de nous faire découvrir l’art contemporain de l’Empire du Milieu à l’heure où celui-ci prend une place de plus en plus éminente sur le marché de l’art mondial. Bien sûr, un réflexe old school peut conduire à refuser en bloc cet art-là sous prétexte qu’il participerait, via son assimilation tous azimuts des tendances actuelles (le kitsch façon Pop Art, la provoc’ mixant réalisme socialiste et cynique ou l’art conceptuel de seconde main), à une sorte d’espéranto de l’art contemporain virant à l’académisme, mais ce serait voir les choses par le petit bout de la lorgnette sans faire l’effort de distinguer le bon grain de l’ivraie.

Et, avouons-le, plutôt qu’une énième expo impressionniste, ça fait du bien de s’ouvrir à de nouveaux horizons : une trentaine d’artistes chinois font preuve ici d’un enthousiasme assez communicatif dans leur volonté de (dé)montrer le consumérisme frénétique de leur pays tout en essayant de maintenir des connexions avec leur patrimoine culturel ancestral. Bien sûr, tout ne se vaut pas, il y a à boire et à manger dans cette expo fourre-tout mais c’est aussi ce qui fait son charme. Par exemple, pour rien au monde, je ne mettrais chez moi les croûtes boisées de Zeng Fanzhi ! A l’inverse, d’autres œuvres tiennent bien : le bébé rose saumon sur fond diaphane par Zhang Xiaogang (Camarade n°5, 1999, huile) est d’un raffinement émouvant et le Mao en exil qui se trouve dans la cour du musée (Mao toujours debout, 2007, acier, Zheng Lu) montre bien, encore aujourd’hui, l’attraction-répulsion pour le Grand Timonier. Précisons qu’au-delà des œuvres d’inégale valeur, l’accrochage est de qualité. Cela se passe sur deux étages - d’ailleurs, au second, y règne une agréable odeur de peinture fraîche ! - et le parcours s’avère varié (peintures, objets, sculptures, photos, happenings, films, installations) tout en n’oubliant pas d’informer les visiteurs via panneau explicatif, fiche, cartels précis et textes fort intéressants dans le catalogue (40€). Toutefois, alors qu’il est annoncé dans celui-ci, on ne trouve pas de peintures (ses fameux clones hilares) de l’artiste-star chinois Yue Minjun et on peut s’étonner aussi de l’absence du peintre abstrait de talent Wang Yan Cheng (né en 1960) qui aurait pu hausser le niveau des peintures exposées. Néanmoins, ne boudons pas notre plaisir, ça reste une expo à faire.

Informations pratiques
MUSÉE MAILLOL - FONDATION DINA VIERNY

61, rue de Grenelle
75007 Paris
France

Le Journal des Arts.fr

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