06 sep. - 08 nov. 2008

Paris Galerie Catherine Putman

Champion Métadier - shellacs & dessins

Pour ces chasseurs de temps, on a à chaque fois une figure centrale émergeant d’un fond blanc. Est-ce une fleur ? Un coquillage ? Un sexe ? Un jouet en plastique ou un dessert gourmand ? Peut-être. Pour cette peintre formaliste, il s’agit, tout en lorgnant du côté de l’onirisme, de souligner l’importance du temps (d’élaboration) en laissant apparaître des formes « innommables », semblant baigner dans l’entre-deux, comme figées dans des temps suspendus, voire immémoriaux.

D’ailleurs, à l’entrée de l’expo, se trouve une grande table où, aux côtés de brochures, de la fiche de présentation et de la liste des prix (de 3000 à 10 000 €), on peut lire ceci : « Ces œuvres ont remonté le temps bien au-delà de la formation des symboles, sont parties en chasse d’images, se sont formées en nous il y a très longtemps et nous les conservons au fin fond de notre inconscient. » (in Champion Métadier par Catherine Millet, 2007). Pourquoi pas. Mais bon, pour être franc, je trouve qu’il y a écart entre le discours sur cette œuvre et ce qui nous est donné à voir. Au fond, j’ai bien du mal à vibrer devant tous ces objets mous. Autant lorsque j’avais reçu le carton d’invitation (très beau, une effluve florale imprimée sur papier glacé), je m’attendais à voir des peintures laquées faites de glaçages espiègles pouvant rappeler la joie enfantine à savourer la coulée sensuelle du chocolat sur une poire Belle Hélène, autant, à l’arrivée, en observant les œuvres en galerie, je reste sur ma faim. Les couleurs manquent d’éclat, je m’attendais à une facture Pop plus affirmée, j’imaginais également une plus grande aventure du médium peinture (via une imprégnation chromatique du papier et un usage très fluide des couleurs à la Morris Louis) et, malgré les explications précises de la galeriste concernant le mode d’effectuation de Champion Métadier (matière en transit, mouvement des résines, télescopage des pigments), je ne ressens pas grand-chose devant cette peinture combinatoire, dite « en fusion » - en fait, je trouve qu’elle manque d’accidents et de surprises. Cependant, vous pouvez toujours y aller pour vous faire votre propre opinion car, comme il s’agit d’une œuvre visant à l’introspection, il est possible qu’elle parvienne à vous séduire.

Informations pratiques
GALERIE CATHERINE PUTMAN

40, rue Quincampoix
75004 Paris
France

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